Deux jours après le rassemblement des 306 maires de la Coalition Diomaye Président au Palais de la République, la tension monte avec l’Alliance pour la République (APR). Le 4 juillet, le président Bassirou Diomaye Faye avait reçu ces élus venus des 14 régions du Sénégal, annonçant à cette occasion sa volonté de créer un parti politique unifié. Une rencontre qualifiée d’« historique » par la coalition, mais vivement contestée par l’opposition.
Comme le rapporte dakaractu, la Chambre des élus de l’APR a dénoncé dimanche ce qu’elle considère comme une « mise en scène » et une opération de propagande politique. Elle juge « invérifiable » le chiffre de 306 maires affiché par le camp présidentiel, faute de toute liste sérieuse capable d’en attester. Pour l’APR, il s’agit d’une « majorité de papier », gonflée pour impressionner l’opposition.
L’accusation la plus grave porte sur le sort des édiles eux-mêmes. Selon l’APR, plusieurs maires auraient été piégés, convoqués en pensant répondre à une invitation classique du chef de l’État. Ils se seraient retrouvés, sans leur consentement, érigés en membres fondateurs d’un futur parti et pressentis comme candidats aux prochaines élections locales. Le parti de Macky Sall dénonce une confiscation de la représentation territoriale et appelle les maires concernés à briser le silence.
« Nous demandons à ces maires de dire publiquement s’ils se reconnaissent ou non dans cette liste », peut-on lire dans le communiqué de la Chambre des élus. Un défi lancé aux édiles, dont la réponse pourrait soit fragiliser, soit valider les 306 noms avancés par la coalition. Par ailleurs, l’APR estime que le président de la République a été instrumentalisé à son insu dans cette vaste opération de communication.
La coalition Diomaye Président n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Le meeting du 4 juillet avait pourtant affiché une unité sans faille, les maires ayant exprimé leur soutien au projet de transformation systémique porté par le chef de l’État.
