Une vive tension diplomatique secoue les relations entre la Belgique et les États-Unis. Le ministère belge des Affaires étrangères a convoqué le représentant de Washington à Bruxelles suite à des propos tenus concernant le fonctionnement de la justice locale. Au cœur de l’incident, une demande formulée par le diplomate américain visant à stopper une procédure en cours, qualifiée d’ingérence inacceptable par les autorités belges.
Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a officiellement annoncé la convocation de Bill White, l’ambassadeur des États-Unis. Cette décision diplomatique rare entre deux pays alliés intervient après une série de déclarations publiques du diplomate américain exigeant l’arrêt d’une enquête judiciaire spécifique. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Bruxelles considère cette démarche comme une violation des normes diplomatiques fondamentales.
Une enquête sur des pratiques médicales au cœur du conflit
Le point de friction concerne une instruction ouverte à Anvers. L’ambassadeur Bill White a réclamé l’abandon des poursuites visant trois circonciseurs juifs (mohels), accusant la procédure d’être motivée par de l’antisémitisme. Une accusation que Maxime Prévot a rejetée avec force, qualifiant les propos de « faux, offensants et inacceptables ». Dans une déclaration diffusée sur le réseau social X, le chef de la diplomatie belge a rappelé que « tout allégation selon laquelle la Belgique adopterait une attitude antisémite » ne reposait sur aucun fondement.
L’enquête en question, initiée après des perquisitions menées par la police d’Anvers le 14 mai 2025, porte sur des circoncisions illégales. Les autorités judiciaires s’intéressent à des « actes médicaux réalisés par des personnes n’ayant reçu aucune formation médicale ». Fait notable précisé par nos sources, cette procédure aurait été déclenchée suite à une plainte émanant de la communauté juive elle-même. Le ministre a tenu à préciser que la loi belge autorise parfaitement la circoncision, à condition qu’elle soit pratiquée par un médecin respectant des normes sanitaires strictes.
Attaques personnelles et rappel à l’ordre
Outre l’ingérence dans le dossier judiciaire, la convocation fait suite à des attaques personnelles visant un membre du gouvernement. L’ambassadeur américain avait qualifié le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, de « grossier ». Une rhétorique qui a provoqué l’indignation de la coalition au pouvoir. « Un ambassadeur accrédité en Belgique a l’obligation de respecter nos institutions, nos représentants élus et l’indépendance de notre système judiciaire », a martelé Maxime Prévot.
Cette position ferme est soutenue par Conner Rousseau, président du parti socialiste flamand Vooruit. Dans une déclaration transmise au radiodiffuseur public VRT, il a rappelé que la Belgique est un État de droit protégeant ses citoyens contre l’arbitraire. S’adressant directement au représentant américain, il a affirmé qu’il « n’a aucun droit de s’ingérer dans notre processus judiciaire », ajoutant que personne, y compris un diplomate de haut rang, n’est au-dessus des lois.
Maxime Prévot a conclu en rappelant que si le dialogue reste ouvert avec les partenaires internationaux, le respect de la souveraineté est un « concept à double sens » qui ne souffre aucune exception.