L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a fortement revu à la baisse ses prévisions concernant le marché mondial du brut ce mardi 14 avril 2026. L’escalade militaire au Moyen-Orient et les récentes mesures de blocus perturbent profondément les approvisionnements et menacent la stabilité économique internationale.
Le conflit en cours opposant les États-Unis, Israël et l’Iran continue d’avoir des répercussions importantes sur les flux énergétiques. La fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran a provoqué un choc sur les marchés, aggravé dimanche par la décision du Président Donald Trump d’imposer un blocus sur les ports iraniens. Cette annonce fait suite à l’échec des pourparlers de paix organisés le week-end dernier à Islamabad dans le but de trouver une issue à la crise.
Face à cette instabilité, l’AIE brosse un tableau préoccupant pour l’année en cours. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la demande mondiale de pétrole devrait chuter de 80 000 barils par jour cette année. Cette contraction contraste avec les précédentes prévisions de l’organisation, qui anticipaient initialement une hausse de 640 000 barils. Pour le deuxième trimestre, la baisse de la demande est estimée à 1,5 million de barils quotidiens, marquant le repli le plus prononcé depuis la pandémie de COVID-19.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et l’entrave à la navigation dans le détroit d’Ormuz ont entraîné la plus grande perturbation de l’approvisionnement pétrolier de l’histoire. Au mois de mars, ce sont 10,1 millions de barils par jour qui ont été soustraits du marché mondial. Cette situation de pénurie fait mécaniquement grimper les prix du gaz et du carburant à l’échelle planétaire.
Face à ce choc, le directeur de l’AIE, Fatih Birol, a appelé lundi l’ensemble des nations à laisser l’énergie circuler librement. Il a exhorté certains États, qu’il n’a pas nommés, à cesser de constituer des stocks de précaution et à lever leurs restrictions d’exportation. L’AIE a également prévenu que si le détroit d’Ormuz restait bloqué, la demande pétrolière pourrait s’effondrer encore davantage au cours des prochains mois.
Au milieu de ces tensions, la Russie figure parmi les principaux bénéficiaires de ces perturbations. Toujours d’après Al Jazeera, les exportations russes de pétrole brut ont augmenté de 270 000 barils par jour en mars pour atteindre 4,6 millions, soutenues par des expéditions maritimes accrues en compensation de l’arrêt de l’oléoduc Droujba. Cette rentrée financière supplémentaire intervient dans un contexte global marqué par la multiplication des ripostes militaires dans les pays du Golfe et s’avère indispensable pour soutenir l’augmentation des dépenses de défense de Moscou.