La Chambre des représentants des États-Unis traverse une période de turbulences. Plusieurs législateurs font face à des procédures disciplinaires qui pourraient aboutir à leur exclusion de l’hémicycle dans les prochains jours, sur fond de scandales multiples touchant les deux partis politiques.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, la menace d’expulsion pèse actuellement sur quatre élus américains. Les membres concernés sont le démocrate Eric Swalwell (Californie), le républicain Tony Gonzales (Texas), la démocrate Sheila Cherfilus-McCormick (Floride) et le républicain Cory Mills (Floride). L’exclusion d’un membre de la Chambre nécessite une majorité des deux tiers. Notre rédaction précise que ce seuil est tel que le Congrès n’a appliqué cette sanction qu’à six reprises au cours de ses 237 ans d’histoire.
Le dossier d’Eric Swalwell s’est accéléré après qu’il a suspendu sa campagne pour le poste de gouverneur de Californie. Des rapports du San Francisco Chronicle et de CNN font état d’accusations d’agressions sexuelles et de comportements inappropriés formulées par quatre femmes, dont une ancienne collaboratrice. L’élu a présenté des excuses pour des « erreurs de jugement » tout en affirmant que les accusations sont fausses. La représentante républicaine Anna Paulina Luna a annoncé le dépôt d’une motion pour son expulsion.
De son côté, Tony Gonzales fait face à des pressions de la direction de son parti, dont le président de la Chambre Mike Johnson, pour ne pas solliciter un nouveau mandat. Il a reconnu une liaison avec une ancienne assistante, décédée par la suite par auto-immolation. La représentante démocrate Teresa Leger Fernandez a exigé la démission de MM. Swalwell et Gonzales, annonçant qu’elle voterait pour leur expulsion s’ils refusaient de quitter leurs fonctions.
Les procédures visent également deux élus de Floride. Sheila Cherfilus-McCormick fait l’objet d’une audience de sanctions après qu’une sous-commission d’éthique a relevé 25 violations liées au financement de sa campagne électorale. Elle doit comparaître lors d’un procès pénal fédéral l’année prochaine. Cory Mills est, pour sa part, visé par une enquête concernant des allégations de mauvaise conduite sexuelle, de violence domestique et d’infractions liées au financement électoral et aux cadeaux, accusations qu’il rejette.
L’examen des dossiers de MM. Gonzales et Mills relève de la commission d’éthique de la Chambre. Le calendrier des votes d’expulsion reste incertain, particulièrement pour le dossier de M. Swalwell qui n’a pas encore suivi la procédure interne habituelle. La Chambre opère actuellement avec une courte majorité républicaine. Toute vacance de poste déclencherait des élections spéciales dont la date dépendrait des gouverneurs des États concernés.