La confrontation commerciale entre les États-Unis et la Chine prend une nouvelle tournure sur le plan juridique et diplomatique. À la suite d’une décision majeure de la Cour suprême américaine concernant les prérogatives du président, le gouvernement chinois s’est officiellement positionné sur les mesures de contournement déployées par Washington.
Le 20 février, la Cour suprême des États-Unis a statué que la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale (IEEPA) ne conférait pas au président Donald Trump l’autorisation d’imposer des droits de douane supplémentaires à ses partenaires commerciaux. Confronté à cette limite légale, le chef de l’État américain a signé le jour même un décret instaurant un droit de douane mondial de 10 % sur toutes les importations, en s’appuyant cette fois sur la section 122 de la loi commerciale de 1974. Dès le 21 février, ce taux global a été revu à la hausse pour atteindre 15 % sur les produits entrant sur le territoire américain.
Face à cette réorganisation tarifaire, le ministère chinois du Commerce a formellement exhorté l’administration américaine à annuler ces mesures unilatérales, selon les informations rapportées par l’agence Anadolu. Dans un communiqué, Pékin a réitéré son opposition de principe à toute forme de taxation unilatérale, soulignant que le protectionnisme ne constitue pas une solution et qu’une guerre commerciale ne fait aucun gagnant.
Les autorités chinoises ont également fait valoir que les initiatives américaines, incluant les droits dits réciproques et les taxes liées au fentanyl, enfreignent non seulement les règles de l’économie et du commerce internationaux, mais également la propre législation nationale des États-Unis. Le ministère estime que ces dispositions ne servent les intérêts d’aucun des acteurs impliqués.
Le communiqué officiel indique par ailleurs que Washington envisagerait d’autres mécanismes, tels que l’ouverture d’enquêtes commerciales, afin de pérenniser ces droits de douane supplémentaires. Face à ces perspectives, Pékin a assuré suivre l’évolution du dossier avec la plus grande attention, tout en réaffirmant sa détermination à protéger ses intérêts économiques.