La haine, la jalousie, l’envie, la précipitation et la précarité : Les maux qui vont perdre le Sénégal

« L’humanité n’est pas un état à subir. C’est une dignité à conquérir », n’est ce pas disait De Vercors dans son roman « Les animaux dénaturés ».

La dignité nous préserve de la haine, de la jalousie et de l’envie. Un homme préservé de ces trois maux, est un homme incapable de faire du mal pour un bien mondain.

La société actuelle du Sénégal est-elle donc devenue une société où chaque citoyen fait plus face au mal, à la peur, au risque de perdre sa vie, qu’une certaine assurance de sécurité dans son lieu d’habitation, de travail, dans le bus, dans les rues voire dans son quartier.

Le mal devient de plus en plus une réalité sociale qui nous guète. Ainsi, face à notre liberté de faire face au courage de se faire des partenaires, des relations, d’entreprendre loin de chez soi, devient plus un fardeau qui nous maintient dans notre inactivité pesante, faisant de nous des proies à la merci du besoin, qu’autre chose de propulsant vers des ondes positives.

Ce besoin qui ne galvanise pas, car l’inactivité peut devenir mère de tous les maux, nous en devenons, en outre, des victimes dressées à la merci de la haine, de la jalousie, de l’envie, de la précarité, mais aussi et surtout des éléments soldés à la pensée négative qui produit toujours des actes immondes, tel les meurtres parfois non prémédités.

En dehors de l’inaction qui peut pousser au regret de notre propre existence, notre désir au bien matériel, du profit, à la richesse acquise par le chemin de la facilité, nous mène dans le chaos, dans la barbarie, dans la peur du retour à la case de départ à telle enseigne que le diable nous habite et mène en bateau vers des trônes ensanglantés, au décor macabre.

La population sénégalaise, il faut oser le dire, fait face à elle-même. Il revoit sa propre image dans tout ce qu’elle fait. On n’entreprend pas durablement dans ce pays. On est trop pressé. On ne sait pas attendre. Ceci, en grande partie, est lié à notre précipitation. On veut travailler peu et beaucoup gagner. Ici, l’argent « dagn koy lidieunti », personne ne travaille pour en gagner honnêtement.

Ainsi, si l’être humain est accablé par l’envie, par la précarité, il devient victime de son propre monde, de ses propres désirs qui font de lui un esclave, une bête de somme et pour tout dire son chien à tout faire, jusqu’au pire.

À voir de plus près, les meurtres enregistrés ces dernières années dans notre pays sont tous liés à des affaires mondaines : la politique, l’or ou l’argent. On ne tue pas dans ce pays pour préserver notre humanité dans sa plus grande diversité et c’est bien dommage.

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