Le Sieur vient d’être condamné à 22ans et 6 mois après un accident de voiture commis ayant conduit à trois morts !
Ce que La Juge évoque, c’est son absence d’émotion visible ( pas d’excuses, pas de larmes ).
Ici, deux justices semblent s’affronter. L’une américaine qui juge l’acte et l’âme et une justice d’un croyant jugeant l’acte par le destin.
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Faut-il donc pleurer pour prouver nos regrets, nos remords ?
1 ) Dans la grammaire occidentale, l’émotion est bien le langage judiciaire.
Cette justice est la même que celle qui avait condamné Socrate parce qu’il n’avait pas voulu s’excuser devant le tribunal athénien. Socrate disait, que s’il était condamné, c’est par faute d’impudence et parce qu’il n’aurait pas voulu dire ce que voudraient entendre les juges. C’est cette même justice qui impose une démonstration visuelle et visible de l’émotion.
La société américaine impose quand il faut pleurer. Au tribunal, la larme est une preuve.
2 ) Dans la foi musulmane, celle de M. Ngom, la foi est une forme de retenue de l’émotion.
Le Qadar est le décret divin qu’il faut accepter. La mort en Islam n’appartient pas à l’homme mais à Dieu. Pleurer bruyamment, se frapper peut être vu comme une contestation du décret. La retenue ne désigne pas l’insensibilité, c’est la soumission.
L’islam s’inscrit dans le Stoïcisme. Sénèque disait que le sage ne réprime pas l’émotion, il refuse d’en faire spectacle.
Le tribunal américain a confondu deux grammaires : l’émotion communication et l’émotion continence. La première dit : je pleure donc je regrette et la seconde dit : je me tais donc je respecte la douleur des familles éplorées. Modou l’a bien dit pourtant, mais sa faute c’est qu’il ne l’a pas montré.
Jugée selon la première grammaire, la retenue devient monstruosité. Mais vu sous la seconde, l’exhibition de larmes traduit l’indécence.
Qu’Allah donc l’assiste dans cette épreuve qui pèse sur les croyants pour tester leur foi



Très belle analyse, pleine d’enseignements