Donald Trump a prolongé cette semaine le cessez-le-feu avec l’Iran, tout en maintenant un blocus naval, dans l’attente d’une proposition de Téhéran pour de nouvelles discussions. Cependant, l’administration américaine est confrontée à une échéance législative interne concernant le déploiement de ses forces armées.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président américain a jusqu’au 1er mai pour obtenir l’approbation du Congrès en vertu de la résolution sur les pouvoirs de guerre (War Powers Resolution). Ce texte fédéral de 1973 stipule que les déploiements dans un conflit en cours doivent être limités à 60 jours, à moins qu’une autorisation spécifique ne soit accordée par la Chambre des représentants et le Sénat à la majorité simple. Une prolongation unique de 30 jours peut être accordée si le président justifie par écrit d’une « nécessité militaire inévitable ».
Sur le plan politique, les clivages au sein de la chambre rendent la validation incertaine. Le 15 avril dernier, une quatrième tentative bipartite au Sénat visant à restreindre l’autorité de Donald Trump sur ces opérations militaires a été rejetée par 52 voix contre 47. Certains élus républicains, bien que soutiens des premières opérations, ont indiqué qu’ils n’appuieraient pas une action militaire au-delà de la fenêtre de 60 jours sans accord parlementaire.
En parallèle de ces échéances législatives, la pression militaire se poursuit sur le terrain, principalement en mer, dans la continuité des récentes cibles touchées dans la région du Golfe. Les forces américaines ont capturé le porte-conteneurs iranien Touska en mer d’Arabie, tandis que l’Iran a saisi deux navires commerciaux étrangers dans le détroit d’Ormuz. Au moins trois pétroliers battant pavillon iranien ont également été détournés par l’armée américaine dans les eaux asiatiques.
Face à la possibilité d’un blocage par le Congrès, le recours à l’Autorisation de recours à la force militaire (AUMF) est évoqué par des experts en droit. Ce mécanisme juridique a déjà été utilisé par Donald Trump lors de son premier mandat pour ordonner l’assassinat du général Qassem Soleimani à Bagdad en 2020. Par le passé, d’autres présidents américains se sont également appuyés sur des justifications similaires ou ont contourné le Congrès pour mener des opérations prolongées, comme en Yougoslavie sous Bill Clinton ou en Libye sous Barack Obama.