Négociations à Islamabad, le délai calculé par le MIT pour que l’Iran obtienne la bombe

Le président américain Donald Trump a prolongé, mardi, d’une journée le cessez-le-feu de deux semaines conclu avec l’Iran, dans l’optique d’un deuxième cycle de pourparlers prévu à Islamabad, au Pakistan. Les discussions portent sur un nouvel accord nucléaire, que l’administration américaine espère plus strict que le Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015.

Au cœur des exigences de Washington figure l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium par Téhéran. En signe de bonne volonté dans ces négociations, l’Iran a fait savoir qu’il était prêt à diluer son uranium actuellement enrichi à 60 % pour le ramener à un seuil d’environ 20 %, une limite correspondant à la définition de l’uranium faiblement enrichi.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la capacité de l’Iran à militariser son programme nucléaire reste au centre des préoccupations. Ted Postol, professeur émérite de sciences, de technologie et de sécurité internationale au Massachusetts Institute of Technology (MIT), estime que la conversion du stock iranien de 60 % à 90 % (le niveau requis pour une arme nucléaire) ne nécessiterait que 500 unités de travail de séparation (UTS). Cette opération pourrait être réalisée en l’espace de quatre à cinq semaines, un temps très court comparé aux cinq années nécessaires pour passer de l’uranium naturel à un enrichissement de 60 %.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) évalue à 440 kg la quantité d’uranium enrichi à 60 % détenue par l’Iran, un volume théoriquement suffisant pour fabriquer dix à onze bombes atomiques de faible technologie s’il était purifié à 90 %. Le professeur Postol précise que les installations souterraines iraniennes, capables d’abriter des cascades de centrifugeuses dans des espaces restreints d’environ 60 mètres carrés, rendent le programme particulièrement résilient face aux éventuelles frappes militaires.

Ces négociations interviennent dans un climat de tension post-conflit, faisant suite à la guerre de 12 jours entre les États-Unis, Israël et l’Iran l’année dernière, durant laquelle les installations nucléaires iraniennes avaient été bombardées. Donald Trump maintient comme ligne rouge absolue l’interdiction pour Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, une position qui justifie les exigences américaines lors des pourparlers d’Islamabad.

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