La situation sécuritaire au Moyen-Orient s’assombrit brusquement à la suite des récentes opérations militaires coordonnées contre l’Iran. Face à l’intensification des hostilités, les autorités américaines ont émis une directive de départ massif à l’intention de leurs ressortissants établis dans la région, en s’appuyant sur une méthode de diffusion qui bouscule les protocoles diplomatiques habituels.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le département d’État américain a exhorté tous ses citoyens à quitter immédiatement plus d’une douzaine de pays du Moyen-Orient. Cette liste actualisée inclut notamment l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, l’Égypte, Israël, le Liban, la Jordanie, les Émirats arabes unis, ainsi que la Cisjordanie occupée et Gaza.
L’alerte ne s’est pas appuyée sur les canaux institutionnels traditionnels. Mora Namdar, secrétaire adjointe aux affaires consulaires du département d’État, a publié un message direct sur la plateforme X. Elle y intime aux citoyens américains de partir « MAINTENANT » en utilisant les transports commerciaux disponibles, invoquant de graves risques pour leur sécurité.
La correspondante d’Al Jazeera à Washington, Patty Culhane, a souligné le caractère inédit de cette démarche. Le département d’État dispose habituellement de procédures complexes pour notifier ses citoyens à l’étranger. L’utilisation d’une publication sur les réseaux sociaux par une secrétaire adjointe, avant même qu’une politique gouvernementale officielle ne soit formellement actée, constitue une rupture avec les usages de l’administration américaine.
L’application de cette consigne se heurte à des obstacles logistiques immédiats, le trafic aérien commercial étant largement interrompu par les tirs de missiles dans la zone. Parallèlement, l’ambassade des États-Unis à Amman, en Jordanie, a procédé à l’évacuation de son personnel en raison d’une menace ciblée.
Ces développements interviennent après une série de frappes américaines et israéliennes en Iran, ayant entraîné la mort de plusieurs hauts responsables, dont le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Téhéran a répliqué par ses propres frappes de représailles à travers la région. De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré ce lundi que le conflit, initialement estimé à quatre ou cinq semaines, pourrait s’inscrire dans une durée plus longue.