Selon Adf-magazine, la CEDEAO a franchi une étape décisive dans la lutte antiterroriste en approuvant, en février, la création d’une brigade régionale de 1 650 soldats. Cette force, qui doit servir de noyau à une armée régionale plus vaste (260 000 hommes à terme), a été validée par les chefs d’état-major des pays membres. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal ont réaffirmé leur engagement à fournir des contingents, selon l’Institut pour les études de sécurité (ISS).
Pourquoi ce projet alors que des initiatives similaires ont échoué ? Parce que la CEDEAO veut éviter la « fragmentation » des réponses sécuritaires, selon son président Omar Touray. La Force conjointe du G5 Sahel et l’Initiative d’Accra ont montré leurs limites : manque de financement, missions courtes, dépendance aux bailleurs extérieurs. Le G5 Sahel s’est même essoufflé après le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger en 2025. Les analystes soulignent que le financement autonome et prévisible est la clé du succès, car « le recours à un financement extérieur est risqué et imprévisible », note le WANEP.
Et après ? Les défis restent nombreux. Beverly Ochieng, de Control Risks à Dakar, prévient : « Ces défis persisteront. Il faudra penser à une réponse holistique incluant des interventions sociales. » La nouvelle force devra aussi surmonter les luttes intestines qui ont conduit au départ des trois pays sahéliens. Le Sénégal, pays contributeur, est directement concerné par cette initiative qui vise à interdire aux groupes terroristes d’occuper des territoires en Afrique de l’Ouest.