Le Comité de politique monétaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu sa première réunion de l’année à Dakar. À cette occasion, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a présenté les résultats macroéconomiques de la zone UEMOA pour l’exercice 2025, marqués par une dynamique de croissance soutenue et une évolution inattendue sur le front des prix.
Selon les informations rapportées par le journal Sud Quotidien, l’institution monétaire a enregistré une désinflation particulièrement rapide. L’inflation au sein de l’UEMOA est passée de 3,5 % en 2024 à 0 % en 2025. Cette neutralité de l’indice des prix à la consommation, inédite depuis plusieurs années, résulte d’une double conjoncture : la baisse des cours mondiaux des produits alimentaires et énergétiques, combinée à une campagne agricole locale abondante qui a considérablement amélioré l’offre céréalière sur les marchés.
Sur le plan de la création de richesses, le produit intérieur brut (PIB) réel de l’espace communautaire a progressé de 6,7 % en 2025, marquant une accélération par rapport aux 6,2 % enregistrés l’année précédente. Cette résilience économique s’appuie sur trois moteurs principaux. Les industries extractives, tirées par les hydrocarbures et l’exploitation minière, ont fortement contribué à cette dynamique. Le secteur des services et les rendements agricoles exceptionnels ont également consolidé cette croissance.
Le financement de l’économie régionale suit cette tendance haussière. Les données de la BCEAO indiquent que les crédits bancaires alloués au secteur privé ont augmenté de 5,6 % à fin décembre 2025, contre 4,0 % un an plus tôt. Parallèlement, la position extérieure de l’Union s’est renforcée. Le solde global de la balance des paiements s’est amélioré grâce à la hausse des recettes d’exportation générées par l’or, le cacao et les hydrocarbures, couplée à une réduction des importations coûteuses.
Concernant l’année 2026, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a affiché son optimisme quant au maintien de ces bonnes perspectives, tout en précisant que les incertitudes géopolitiques mondiales demeurent un facteur susceptible d’influencer l’évolution future des prix.