Koungheul : un père livre sa fille de 15 ans aux gendarmes pour abandon de nourrisson

À Koungheul, dans la région de Kaffrine, une adolescente de 15 ans a été interpellée ce jeudi 14 mai 2026 dans le cadre d’une enquête sur l’abandon d’un nourrisson. Les faits remontent au dimanche 10 mai, lorsqu’un bébé de sexe masculin a été découvert derrière le quartier Campement, dans le ressort de la brigade territoriale de gendarmerie.

Selon Kawtef, l’enquête a connu une avancée le mercredi 13 mai vers 16 heures après un signalement. L’auteure présumée serait une adolescente identifiée sous les initiales O. D., âgée de 15 ans et domiciliée dans le même quartier. Les gendarmes se sont rendus sur place sans la trouver. Plusieurs membres de sa famille ont été entendus, notamment son père, présenté sous le nom d’emprunt de Mamady Diop, sa mère, une sœur ainsi qu’un proche. Ils ont affirmé ne pas avoir vu l’adolescente depuis plusieurs jours et ne pas vivre tous dans la même maison. Sa sœur a indiqué que la jeune fille s’était rendue dans leur village de Ndouly le lundi 11 mai en fin d’après-midi, et qu’elle n’avait jamais remarqué de signes apparents de grossesse.

Le père se constitue partie civile

Le jeudi 14 mai au matin, Mamady Diop s’est présenté de lui-même au commissariat urbain de Koungheul, accompagné de sa fille. Comme l’écrit Kawtef, il a expliqué sa démarche aux enquêteurs : « Après avoir appris que les gendarmes recherchaient ma fille, j’ai préféré la conduire moi-même au commissariat afin qu’elle puisse répondre aux questions des enquêteurs. Je voulais aussi éviter toute complication supplémentaire pour la famille. »

Lors d’un interrogatoire sommaire, l’adolescente a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Elle a ensuite été mise à la disposition de la brigade territoriale de la gendarmerie de Koungheul pour la poursuite des investigations. Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité parentale et les circonstances entourant l’abandon du nouveau-né.

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Un commentaire

  1. Selon le Code pénal actuel, la réponse prévue est l’emprisonnement, appliqué mécaniquement, sans nuance, sans prise en compte de la réalité vécue par les femmes concernées. Cette approche punitive appartient à une autre époque. Elle ne protège personne, elle stigmatise, elle brise des vies.

    Il est temps de mettre fin à cette loi archaïque et profondément injuste. Notre société doit enfin reconnaître que les mères célibataires, tout comme les femmes confrontées à des grossesses non désirées ou accidentelles, n’ont pas besoin de condamnations, mais d’un accompagnement réel, humain, digne. Continuer à considérer ces situations comme une atteinte à la « dignité » collective est non seulement hypocrite, mais aussi contraire aux valeurs d’égalité et de justice que nous prétendons défendre.

    Changer la loi, c’est affirmer clairement que la dignité n’est pas dans la punition, mais dans le soutien. C’est refuser que la honte et la peur dictent encore la vie de milliers de femmes. C’est choisir une société qui protège, qui écoute, qui respecte.

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