Le géant pétro-gazier américain Kosmos Energy a rendu publics ses résultats financiers pour l’exercice 2025 ce 2 mars 2026. Le bilan dresse un état des lieux précis de ses activités au Sénégal : si l’exploitation située à la frontière mauritanienne enregistre une production en hausse, l’entreprise a officialisé son départ d’un autre bloc national de premier plan.
Selon les informations publiées par Le Quotidien, Kosmos Energy a définitivement confirmé son retrait du bloc Yakaar-Teranga, identifié comme l’un des plus importants gisements de gaz naturel au monde. Cette décision succède au départ de BP, qui privilégiait l’exportation du gaz. L’entreprise américaine justifie ce retrait par l’incapacité de trouver un partenaire adéquat et de s’accorder avec le gouvernement sénégalais sur un concept de développement commercialement viable. Cette annonce intervient quelques jours après la déclaration du Premier ministre concernant la révision de ce contrat.
Sur le plan comptable, cette décision se traduit par une dépréciation de 144 millions de dollars, une somme qui correspond aux coûts des puits suspendus forés en 2016 et 2017. Globalement, Kosmos affiche une perte nette de 377 millions de dollars pour le quatrième trimestre 2025, impactée par ce retrait et d’autres dépréciations. La gestion et la restructuration du tour de table de ce projet reviennent désormais à la société nationale Petrosen et aux autorités sénégalaises.
La situation est différente sur le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Kosmos Energy indique que la production a atteint la capacité nominale du navire de liquéfaction (FLNG) en décembre dernier, soit environ 2,7 millions de tonnes par an (mtpa). Cette cadence s’est maintenue à une moyenne de 2,9 mtpa depuis janvier 2026. Les données de l’entreprise prévoient un doublement du nombre de cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) exportées en 2026 par rapport à 2025. Parallèlement, les coûts opérationnels nets par baril équivalent pétrole devraient baisser de plus de 50 % cette année, en partie grâce au refinancement de l’unité flottante de production (FPSO) finalisé en janvier.
Concernant l’approvisionnement du marché intérieur, Kosmos et ses partenaires se concentrent sur l’utilisation des infrastructures de la Phase 1 pour répondre à la demande locale. Le rapport de Kosmos précise que les termes de l’accord pour les ventes de gaz domestique sont attendus dans le courant de l’année 2026. De son côté, le Sénégal prévoit de lancer la construction de son réseau de gazoducs dès le trimestre prochain. Cette infrastructure reliera le terminal offshore aux côtes sénégalaises afin d’alimenter les centrales électriques et l’industrie nationale, concrétisant ainsi la stratégie « Gas-to-Power » du pays.