Kiiraay : élus APR et cadres de Pastef rallient Diomaye, d’autres cas restent à confirmer

Depuis la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, Kiiraay se construit à la fois par des ralliements individuels et par le regroupement de formations politiques. Lancé le 25 juillet 2026 à l’hôtel King Fahd de Dakar sous le nom de Kiiraay – Les Patriotes républicains, le parti formalise cette nouvelle organisation de la mouvance présidentielle. La cérémonie a réuni plusieurs centaines de responsables politiques, d’élus locaux et de militants.

Kiiraay est issu de la transformation de la coalition Diomaye Président. Aminata Touré, superviseure générale de la formation, a annoncé que 437 partis et mouvements avaient fusionné en son sein. Début août, elle a aussi déclaré que plus de la moitié des maires du Sénégal avaient rejoint Kiiraay, sans détailler les communes concernées. Senenews rapporte que les ralliements documentés ne permettent pas de vérifier ce chiffre de façon indépendante.

La fusion concerne aussi des partis déjà constitués. Abdourrahmane Diouf, superviseur adjoint de la coalition Diomaye Président, a annoncé la dissolution d’Awalé au profit de Kiiraay. « Awalé n’existe plus », a-t-il confirmé lors de l’émission En Vérité sur RSI. Cette intégration donne une autre dimension au mouvement, qui ne se limite pas aux départs de responsables de partis concurrents.

Les ralliements vers Kiiraay comprennent notamment des départs de Pastef. Cheikh Saad-Bouh Diouf a quitté le parti le 21 juillet, invoquant la cohérence avec sa fonction de conseiller spécial. Le 23 juillet, Khouraichi Thiam, alors directeur général du Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur, a également démissionné de Pastef pour rejoindre la mouvance présidentielle. À Louga, Aliou Fall, coordonnateur départemental et membre du Conseil national du parti, a quitté Pastef après onze ans de militantisme. Le 24 août, Ababacar Diagne, ancien coordonnateur adjoint, a lui aussi rallié Kiiraay après sa démission.

Le départ d’Abdourahim Kébé ne constitue pas un ralliement au mouvement présidentiel : l’ancien vice-président de Pastef a quitté le parti le 10 septembre et annoncé son retrait de la politique partisane pour des raisons personnelles. À la date des faits rapportés, aucun député ni membre de la direction nationale de Pastef n’avait publiquement rejoint Kiiraay.

L’APR est également concernée par les départs d’élus locaux. À Kolda, sept maires ont quitté le parti pour rejoindre Kiiraay, et la direction locale a annoncé leur remplacement. À Tambacounda, le maire de la ville, Pape Banda Dièye, a rallié le mouvement le 9 août. Le président du Conseil départemental, Mamadou Kassé, a démissionné de l’APR au début de septembre. Plusieurs sources le donnent rallié à Kiiraay, mais d’autres comptes rendus indiquent qu’il a lancé son propre parti, qui souhaite rechercher des alliances en répondant à l’appel du chef de l’État.

À Saint-Louis, Ahmadou Bamba Ka, ancien directeur général du CROUS, a quitté l’APR pour rejoindre Kiiraay. À Fatick, sept maires de l’ancien parti au pouvoir ont également rallié le mouvement après une rencontre avec Aminata Touré. Le Fouta et Fatick sont présentés comme les zones où les maires demeurent majoritairement fidèles à Macky Sall, malgré les départs signalés dans cette dernière région.

Les adhésions annoncées concernent aussi des militants : fin juillet, 700 jeunes ont déclaré rallier le président. À Kédougou, Kikala Diallo, maire de Dindéfèlo, a lancé localement Kiiraay au début du mois d’août. Fatoumata Niang Ba, membre fondatrice du parti, a déclaré que son engagement relevait d’une conviction et non d’un calcul opportuniste.

À Tambacounda, des jeunes et des femmes de l’APR ont annoncé qu’ils iraient demander à Mamadou Kassé de restituer le mandat obtenu sous les couleurs du parti.

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