Kidal reprise, ministre tué : au Mali, Assimi Goïta s’empare aussi du portefeuille de la Défense

Au Mali, le chef de la transition militaire, Assimi Goïta, a été nommé ministre de la Défense après la mort du précédent titulaire du poste, Sadio Camara, tué lors d’attaques armées menées la semaine dernière. Cette décision a été annoncée lundi par la télévision d’État ORTM.

D’après Al Jazeera, cette nomination s’inscrit dans la foulée d’un décret présidentiel précisant qu’Assimi Goïta conserve en même temps ses fonctions de président. Le média indique aussi que le général Oumar Diarra, jusque-là chef d’état-major militaire, a été nommé ministre délégué auprès du ministère de la Défense.

Selon les éléments rapportés, Sadio Camara a été tué dans l’explosion d’une voiture piégée à son domicile, lors d’une offensive de grande ampleur contre des positions du pouvoir militaire. Durant cette séquence, des groupes rebelles ont repris Kidal, ville clé du nord malien, dans ce qui est présenté comme la plus importante attaque dans le pays depuis près de 15 ans.

Le bilan humain fait état d’au moins 23 morts. L’Unicef a indiqué que des civils et des enfants figuraient parmi les morts et les blessés. Les assauts ont été attribués à un groupe lié à al-Qaïda, opérant avec des séparatistes touaregs. Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) contrôle de larges zones rurales, notamment dans le nord et le centre du pays, tandis que l’affilié de l’organisation État islamique au Sahel, l’ISSP, est présent dans des secteurs du nord-est autour de Ménaka.

Dans le nord également, le Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe séparatiste touareg, poursuit son combat pour un État indépendant appelé Azawad. Selon les informations disponibles, le FLA et le JNIM contrôlent désormais Kidal et visent aussi Gao, Ménaka et Tombouctou. Lors des dernières attaques, ces groupes ont combattu ensemble contre l’armée malienne.

Le Mali fait face à une crise sécuritaire persistante depuis au moins 2012. Arrivé au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et 2021, Assimi Goïta avait promis un rétablissement de la sécurité. En juillet dernier, les autorités militaires lui ont accordé un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans élection « autant de fois que nécessaire ». Le mois précédent, le groupe russe Wagner, engagé aux côtés des forces maliennes depuis 2021, avait annoncé la fin de sa mission, désormais relayée par l’Africa Corps, placé sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense.

Après les attaques du mois dernier, les rebelles ont aussi annoncé un blocus de Bamako, présenté comme une mesure de représailles contre « le soutien de la population à l’armée ». Selon un correspondant de l’AFP cité dans le contenu source, ce blocus n’a toutefois été que partiellement efficace dans la capitale.

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2 commentaires

  1. Nos condoléances à toute la nation malienne et aux familles! L Afrique doit développer UN système de défense endogène! Il faut regarder les autres pays aggressés et comment ils s adaptent à la guerre moderne avec des drones de surveillance, de telecommunications et de combat! IL faut compter sur ses moyens en se servant de ses ressources naturelles! Et le Mali en a! Les autres Pays doivent se préparer! 🕊️🌿🌍🕊️

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