Huit femmes ont été interpellées à Keur Massar dans le cadre d’une enquête pour actes contre nature, déclenchée par une plainte pour menaces de mort sur WhatsApp.
Selon Kawtef, la brigade de recherches de Keur Massar a agi après qu’une femme a déposé plainte contre son ex-compagne, qu’elle accusait de l’avoir injuriée et menacée via la messagerie. L’affaire a pris une autre tournure lorsque les enquêteurs ont saisi les téléphones des suspectes. L’exploitation par le Centre de Lutte contre la Criminalité Numérique (CLCN) a révélé des conversations, photos et vidéos jugées compromettantes, attestant de relations sexuelles entre femmes.
Les huit mises en cause ont été déférées devant le procureur pour plusieurs infractions : association de malfaiteurs, actes contre nature, injures et menaces par le biais d’un système informatique. Le parquet a également retenu des charges de détention d’images contraires aux bonnes mœurs, proxénétisme, offre de drogue, excitation de mineurs à la débauche et défaut de carnet sanitaire. Le juge d’instruction a été saisi et le parquet a requis le placement sous mandat de dépôt.
Lors des auditions, certaines femmes ont reconnu avoir eu des relations homosexuelles, tandis que d’autres ont nié, estimant que les éléments retrouvés étaient mal interprétés. Toutes ont été soumises à un test de dépistage du VIH, qui s’est révélé négatif pour chacune.
Ce mode opératoire rappelle un précédent scandale sanitaire et judiciaire à Keur Massar, où l’hôtelier Cheikh Ahmadou Guèye avait été arrêté pour avoir animé un réseau utilisant WhatsApp afin d’organiser des actes contre nature, avec des cas avérés de transmission volontaire du VIH. La résurgence de ces organisations numériques dans la banlieue dakaroise interroge sur l’ampleur des pratiques clandestines.
L’information judiciaire se poursuit désormais sous la direction du juge d’instruction, qui devra entendre les suspectes et statuer sur leur détention.
