Kaolack : trois hommes déférés dans une affaire de cyberchantage sexuel

La Section de recherches a mis la main sur trois jeunes hommes soupçonnés d’avoir piégé plusieurs internautes à Kaolack avant de les faire chanter. Les mis en cause ont été arrêtés puis déférés, mardi 19 mai 2026, devant le parquet du tribunal de grande instance du Saloum.

L’enquête décrit un système mené surtout sur WhatsApp et TikTok. Les suspects entraient en contact avec leurs cibles sous une identité féminine inventée, puis orientaient les échanges vers des discussions privées à caractère sexuel. Une fois la confiance obtenue, les victimes étaient poussées à participer à des appels vidéo intimes qui étaient enregistrés sans qu’elles le sachent.

L’affaire a démarré après la plainte d’un homme qui disait avoir été piégé par une prétendue jeune femme appelée « Amina ». Après plusieurs discussions, il aurait accepté un appel vidéo intime. Ses images auraient ensuite servi à lui réclamer de l’argent sous la menace d’une diffusion sur les réseaux sociaux, rapporte Senegaldirect. Les montants demandés auraient d’abord été limités, avant d’augmenter progressivement.

Pour les victimes, le mécanisme était simple mais redoutable. La peur d’un scandale public aurait poussé certaines d’entre elles à envoyer de l’argent par des services de paiement mobile. Les enquêteurs ont alors remonté la trace des numéros utilisés et des transactions électroniques afin d’identifier les personnes impliquées.

Les investigations techniques, appuyées par l’analyse de données numériques et d’images de vidéosurveillance, ont permis de repérer un premier suspect présenté comme le cerveau du groupe. Une descente à son domicile a ensuite conduit à l’interpellation de deux autres individus. Lors des perquisitions, plusieurs téléphones ont été saisis. D’après les éléments de l’enquête, ces appareils contenaient des vidéos à caractère sexuel, des captures d’écran compromettantes et des échanges internes décrivant le mode opératoire.

Au cours des auditions, le principal suspect aurait reconnu gérer lui-même les faux comptes. Les enquêteurs indiquent aussi qu’il imitait une voix féminine pendant les appels pour tromper ses interlocuteurs. Les trois hommes sont désormais visés pour association de malfaiteurs, chantage, escroquerie en ligne, usurpation d’identité et extorsion par moyens électroniques.

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