Depuis le lundi 15 juin 2026, Lomé est le théâtre de la toute première Convention et Exposition africaines des Transports Aériens. Cet événement, placé sous le haut patronage du gouvernement togolais, est organisé conjointement par la Commission Africaine de l’Aviation Civile (CAFAC) et la Commission de l’Union Africaine (CUA). L’objectif est de susciter des engagements de haut niveau pour accélérer la mise en œuvre du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA).
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée à l’hôtel 2 Février de Lomé, coprésidée par le président rwandais Paul Kagamé et le président du Conseil de la République togolaise Faure Essozimna Gnassingbé, comme l’indique un communiqué transmis à LII Quotidien. Prenant la parole, Paul Kagamé a appelé à changer de regard sur l’aviation africaine : les investissements dans ce secteur ne doivent plus être considérés comme risqués, mais comme un moteur de développement stratégique. Il a invité ses homologues africains et les partenaires financiers à miser massivement sur des aéroports modernes, des compagnies aériennes et des chaînes d’approvisionnement.
Faure Gnassingbé a pour sa part souligné que l’intégration africaine se mesure à des résultats concrets : davantage de routes aériennes, des billets moins chers, des temps de trajet réduits et des échanges simplifiés. Selon lui, le projet de ciel unique africain doit dépasser le stade des déclarations politiques pour devenir une réalité opérationnelle, grâce à des décisions fermes, des engagements tenus et une coordination continue entre États, régulateurs, compagnies, aéroports et communautés économiques régionales. Il a estimé que la Convention de Lomé doit donner un coup d’accélérateur décisif au MUTAA.
L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, invité à s’exprimer, a délivré un message sans détour : l’Afrique n’a que faire d’une énième déclaration d’intention vouée à l’oubli. Ce qu’il faut, ce sont des décisions concrètes pour abaisser les coûts, ouvrir des liaisons, relier les capitales, stimuler le commerce, le tourisme et les transports, et faire en sorte que le continent fonctionne comme une zone économique intégrée.
Des progrès tangibles sont déjà visibles : depuis le 1er janvier 2026, la CEDEAO a réduit de 40% le prix des billets d’avion en supprimant certaines taxes non aéronautiques et en baissant de 25% les redevances passagers et sécurité. Cette mesure montre que la volonté politique peut se traduire en avantages immédiats pour les voyageurs, donnant le ton pour les discussions de Lomé.
Pendant toute une semaine, la Convention rassemble à Lomé tous les acteurs de l’écosystème aérien africain : décideurs politiques, régulateurs, compagnies aériennes, gestionnaires d’aéroports, investisseurs, prestataires de maintenance et de révision (MRO), écoles de formation, constructeurs aéronautiques, transporteurs de fret et logisticiens. Le Sénégal était représenté à l’ouverture par le Directeur général de l’ANACIM, Dr Diaga Basse, en l’absence du nouveau ministre des Transports Terrestres et Aériens, Serigne Abdoul Ahad Ndiaye.


