Le CFJ et la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) s’apprêtent à lancer deux masters spécialisés. Le premier porte sur la justice pénale internationale, le second sur la protection des personnes vulnérables et de l’enfance. L’information a été rapportée par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), citant un communiqué conjoint.
Cette annonce fait suite à la signature d’un accord spécifique entre les deux institutions, concrétisant une convention-cadre établie il y a quelques mois. L’objectif est de rapprocher le monde universitaire et les praticiens du droit pour répondre aux défis actuels de la justice.
Une vocation régionale affirmée
Ces formations s’adressent également aux professionnels et étudiants de l’espace UEMOA, de la CEDEAO et du continent africain. Elles visent à renforcer la souveraineté intellectuelle du Sénégal dans des domaines stratégiques du droit.
Selon le communiqué, cette double diplomation permettra une spécialisation accrue des professionnels du droit, tout en assurant une complémentarité entre la formation académique et la pratique judiciaire. Les curricula ont été élaborés de manière à intégrer les mutations technologiques et les attentes croissantes des citoyens.
Le recteur de l’UCAD, le professeur Alioune Badara Kandji, a salué une coopération qui, selon lui, illustre la volonté commune de proposer des enseignements d’excellence et de stimuler la recherche. De son côté, le directeur général du CFJ, Souleymane Teliko, a estimé que la justice contemporaine exige des professionnels maîtrisant le droit interne et les instruments internationaux, tout en protégeant les plus vulnérables.


L’usine à diplômes et le naufrage du réel
Pendant que nos élites célèbrent leurs nouveaux salons feutrés, une question terre-à-terre persiste : qui va nous nourrir ? Qui va réparer nos moteurs, installer notre électricité ou souder notre plomberie une fois le mortier séché ? Qui va enfin concevoir des meubles Made in Sénégal capables de renvoyer le mobilier européen à ses importations superflues ?
Il faut se rendre à l’évidence : notre système éducatif plane dans une stratosphère parallèle, totalement imperméable à nos réalités. Un pays sous-développé qui s’entête à ne produire qu’une caste de bureaucrates et de beaux parleurs est un pays constitutionnellement condamné à la misère. Nos décideurs ont manifestement décrété que l’économie pouvait se passer d’ouvriers qualifiés. Depuis 1960, le cirque permanent de la diplomite aiguë continue, sur le dos du peuple.
Le comble du cynisme est atteint avec notre appareil judiciaire. Au lieu de purger une justice corrompue jusqu’à la moelle, on choisit de la nourrir et de la perpétuer en y déversant un flot continu de théoriciens fraîchement sortis des bancs de l’UCAD. On panse une jambe de bois avec des parchemins diplômants.
Pendant ce temps, la vraie vie crève. Les récoltes pourrissent à même le sol, sacrifiées sur l’autel de pistes rurales inexistantes, d’entrepôts frigorifiques fantômes et d’usines de transformation restées au stade de promesses électorales. Et ce désastre agricole n’est que la partie émergée d’un naufrage global : tous nos secteurs vitaux sont dans le même état de décrépitude.
Tout se passe comme si le développement nous terrifiait. C’est l’allégorie tragique de l’esclave à qui l’on retire enfin ses fers, et qui revient en rampant pour supplier qu’on le rattache à ses chaînes.