Justice internationale : La Gambie défie le Myanmar à La Haye sur le génocide des Rohingyas

La Cour internationale de Justice (CIJ) a entamé, ce lundi au Palais de la Paix à La Haye (Pays-Bas), les audiences publiques concernant l’affaire opposant la Gambie au Myanmar sur l’application de la convention pour la prévention du crime de génocide. Cette étape décisive, qui doit s’étendre jusqu’au 29 janvier 2026, vise à établir la responsabilité du Myanmar dans les exactions commises contre la minorité des Rohingyas.

Le calendrier établi par la juridiction onusienne prévoit deux phases de plaidoiries, ponctuées par l’audition de témoins et d’experts. Le premier tour, initié par la Gambie, se poursuivra jusqu’au 20 janvier 2026, avant de laisser place à des sessions à huis clos pour les témoins de la partie plaignante. Un expert sera entendu publiquement le 22 janvier, suivi par le témoin du Myanmar le lendemain. Le second tour des plaidoiries clôturera cette session fin janvier. Selon les précisions rapportées par l’agence Anadolu, cette procédure implique également onze États intervenants, dont la France, le Canada et la République démocratique du Congo, autorisés à participer au titre de l’article 63 du Statut de la Cour.

Lors de ses observations liminaires, l’agent de la Gambie, Dauda Jarlao, a affirmé que cette action judiciaire repose sur une « évaluation détaillée de faits d’une cruauté inimaginable ». Cette démarche fait suite aux rapports de la mission d’établissement des faits des Nations Unies, dénonçant la persécution prolongée des Rohingyas dans l’État de Rakhine. Ce procès constitue un précédent dans l’histoire de la justice internationale, car c’est la première fois qu’un État sans lien direct avec les crimes allégués saisit la Cour en vertu de la Convention sur le génocide, ratifiée par les deux nations.

Le dossier s’appuie sur des accusations de violences systématiques menées par l’armée du Myanmar, notamment lors des opérations de 2017. Human Rights Watch rapporte que ces événements ont provoqué l’exode de plus de 740 000 Rohingyas vers le Bangladesh, tandis que 600 000 autres demeurent confinés au Myanmar. La Gambie, soutenue par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et une coalition d’ONG internationales, demande à la Cour d’ordonner la cessation des actes illicites et l’octroi de réparations aux victimes.

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