« Je suis JAMRA, je suis Mame Matar Guèye… » (Par Alassane Kitane)

Un citoyen sénégalais, une ONG, la société civile, un parti politique ont des droits que la loi leur garantit. Ce n’est pas Jamra qui censure, mais il a le droit de crier son désaccord et de saisir les autorités compétentes. Adressez-vous au gouvernement comme il l’a fait et apportez vos arguments au lieu de vous attaquer à son droit de combattre ce qu’il estime être une dérive.

Il s’agit de citoyens sénégalais qui, comme d’autres qui s’activent en politique et qui parlent au nom du peuple, ont décidé de se battre pour le respect des valeurs cardinales de notre société. Le pluralisme démocratique, la démocratie participative, la culture des lanceurs d’alerte, donnent à Jamra le droit de parler au nom de ceux qui croient aux valeurs qu’il défend. Au nom de quoi voulez-vous refuser à MMG le droit de donner son avis et de se battre contre ce qu’il considère comme source de dépravation et, au même moment, vous donnez vous-même le droit de vous battre contre ce que vous estimez être injuste ?

La culture sénégalaise est certes tolérante, ouverte, mais elle doit être préservée. Ce n’est pas au Sénégal que l’expression polémique « exception culturelle » a été inventée. Ce n’est pas au Sénégal qu’on interdit les restaurants Halal ! Ce n’est pas au Sénégal que l’humoriste Dieudonné a été banni et poursuivi pour humour déplacé et outrageant. Chacun est libre de promouvoir les valeurs qu’il veut, mais reconnaissez de grâce aux autres le droit d’alerter sur le danger qu’est le copier-coller culturel. Le combat que mène Jamra n’est pas spécifiquement un combat des musulmans, arrêtons l’amalgame et la mauvaise foi.

L’argument de la créativité artistique brandi n’est guère convainquant et même ceux qui le brandissent reconnaissent implicitement sa fragilité. Au nom de la liberté artistique on ne peut pas s’ériger en éducateur ou donneur de leçon et prétendre que l’art échappe à la régulation morale. De quel droit le chanteur peut-il se prévaloir pour me faire la morale ? La fonction éducative de l’art, montre qu’il reconnaît la légitimité de la morale ! Chers artiste vous nous éduquez donc et refusez que nous vous éduquions ? Quelle tolérance vraiment ! Personne n’est dupe, le pseudo-art compense son manque d’inspiration par deux choses : le sexe (ou l’extrême vulgarité) et la politique (activisme de tout genre, politique-spectacle). Ce n’est pas hasard si les people ont conquis les politiques et les intellectuels.

Reprocher aux gens d’être des talibans de la culture sénégalaise alors qu’on est soi-même le bélier borgne de la culture étrangère, c’et manquer de cohérence.

Par Alassane K KITANE

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4 commentaires

  1. Mame makhtar est un activiste comme Guy Sagna dans un domaine spécifique. Kitane tu as été toujours pertinent mais là ne défends pas cet activiste


  2. Est-ce que Mame Matar agit toujours sur mandat de Jamra ? Il s’est taillé un profil d’activiste et ne laisse jamais apparaître les autres missions de Jamra


  3. Saa waay tous les arguments que tu as utilisés peuvent être retournés contre toi, et contre Jamra. L’islam et la culture musulmane ne sont pas plus sénégalais, moins étrangers que li ngay wakh venir d’Occident. Personnellement, s’il y a un choix à faire entre les deux « cultures  » je choisirais la

    « culture  » la plus moderne et la plus ouverte entre les deux. Pas besoin d’imaginer ci niaar yi de laquelle il s’agit. Beneen bi est bloquée au 8ème siècle ( ou au premier siècle, c’est selon , nioun on n’a pas le choix, c’est comme ça) . Les Occidentaux ne sont pas parfaits, waaye seen société mo gueuna moderne ( tous les pauvres de la terre veulent y émigrer d’ailleurs , mais pas en Arabie Saoudite, ni en Iran ou en Algérie)

    Et puis sakh on n’a pas besoin de juger si la France valide ou pas pour nous opposer à ce que nous considérons comme liberticides. Et où as-tu vu du sexe dans les productions sénégalaises indexées . ? Faut pas exagérer par pudibonderie


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