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« Je leur donne… » : le délai exigé par Rafael Lopez Aliaga pour annuler la présidentielle au Pérou

Trois jours après la clôture initiale du scrutin présidentiel au Pérou, les électeurs attendent toujours les résultats définitifs. Alors que le décompte des voix se prolonge, la lenteur du processus et les divers dysfonctionnements logistiques exacerbent les tensions, poussant certains candidats à contester ouvertement la validité de l’élection.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la candidate de la droite Keiko Fujimori domine pour l’instant cette élection avec 17 % des suffrages, ce qui lui assure virtuellement une place pour le second tour prévu au mois de juin. La véritable bataille politique se joue actuellement pour la deuxième place. Le candidat de la gauche Roberto Sanchez a progressé mercredi pour atteindre 12,04 %, devançant de justesse l’ancien maire de Lima, Rafael Lopez Aliaga, qui pointe à 11,9 %.

Face à ces résultats serrés, le climat de méfiance s’accentue. Rafael Lopez Aliaga a publiquement remis en cause le processus électoral en dénonçant une fraude. Lors d’une déclaration tenue mardi, il a accordé un ultimatum de 24 heures aux instances dirigeantes pour annuler le scrutin. Il a averti qu’en l’absence d’une réponse favorable, il lancerait un appel à des manifestations à travers tout le pays. De son côté, Roberto Sanchez a adopté une posture différente, déclarant avancer avec calme tout en soulignant que les bulletins de vote reflètent la réalité.

L’élection de dimanche a été perturbée par de nombreux problèmes logistiques, incluant des retards dans la livraison du matériel de vote et la formation de longues files d’attente. Ces défaillances ont contraint les autorités à prolonger le vote d’une journée dans plusieurs circonscriptions. La cheffe de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, Annalisa Corrado, a reconnu lors d’une conférence de presse l’existence de problèmes sérieux. Toutefois, elle a précisé que les observateurs n’avaient relevé à ce stade aucun élément objectif permettant d’étayer le discours sur une éventuelle manipulation des votes.

Cette élection s’inscrit dans un contexte de forte instabilité pour l’État sud-américain, qui a vu se succéder neuf présidents au cours des dix dernières années. Depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Castillo en 2022, le pays traverse une succession de secousses. Destitué et emprisonné à la suite d’une tentative de dissolution du Congrès, l’ancien dirigeant a été remplacé par Dina Boluarte, puis par Jose Jeri, tous deux écartés ultérieurement en raison d’accusations de corruption.

Les répercussions de ce tumulte continu sur l’opinion publique sont documentées par des données récentes. Une enquête publiée en mars par l’Institut d’études péruviennes (IEP) et l’Institut Bartolome de las Casas (IBC) révèle que 84 % des sondés se disent insatisfaits du fonctionnement de leur démocratie. Le rapport indique également que 69 % des citoyens estiment que la crise actuelle est d’une gravité équivalente ou supérieure aux périodes les plus critiques de l’histoire moderne du pays, englobant le conflit civil des années 1990 et la pandémie de Covid-19.

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