Japon : l’aide australienne sur les minerais critiques annoncée pendant l’alerte sur l’Iran

En déplacement en Australie ce lundi, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a alerté sur les effets de la crise énergétique liée à la guerre en Iran. Le sujet a dominé ses échanges avec Canberra, dans un contexte de perturbations maritimes au détroit d’Ormuz et de renforcement de la coopération entre les deux pays.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le blocage quasi total du trafic dans le détroit d’Ormuz depuis les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran à partir du 28 février exerce une forte pression sur l’approvisionnement régional. En temps normal, environ 20% des livraisons mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce passage maritime, et 80% de ce pétrole est destiné à l’Asie, d’après l’Agence internationale de l’énergie.

« La fermeture effective du détroit d’Ormuz inflige un impact énorme à l’Indo-Pacifique », a déclaré Sanae Takaichi lundi. Elle a ajouté que le Japon et l’Australie avaient confirmé leur volonté de rester en contact étroit pour répondre à la situation « avec un sentiment d’urgence ».

Le Japon dépend fortement de l’Australie pour ses besoins énergétiques. Canberra fournit environ un tiers de l’approvisionnement énergétique japonais et constitue le principal marché de Tokyo pour le gaz naturel liquéfié. Le Premier ministre australien Anthony Albanese a lui aussi fait part de ses inquiétudes, affirmant que son pays était « très préoccupé » par les perturbations touchant l’approvisionnement en carburants liquides et en produits pétroliers raffinés.

Au premier jour de cette visite de trois jours, les deux gouvernements ont publié plusieurs déclarations sur l’énergie, l’économie, la défense et les minerais critiques. L’Australie a annoncé un soutien pouvant aller jusqu’à 1,3 milliard de dollars australiens, soit environ 937 millions de dollars américains, pour des projets de minerais critiques impliquant des partenaires japonais.

Ces projets pourraient contribuer à approvisionner le Japon en gallium, nickel, graphite, terres rares et fluorite. Tokyo a indiqué vouloir sécuriser ces ressources, jugées essentielles pour les semi-conducteurs, les batteries de véhicules électriques et certains systèmes d’armement. Le mois dernier, les deux alliés avaient déjà annoncé un accord de 10 milliards de dollars australiens pour la fourniture par le Japon de navires furtifs de classe Mogami à la marine australienne.

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