Italie : les électeurs appelés à sceller le sort d’une réforme de Giorgia Meloni ciblant le sommet de la justice

Les électeurs italiens se rendent aux urnes dimanche et lundi dans le cadre d’un référendum portant sur la refonte de leur système judiciaire. Portée par la Première ministre Giorgia Meloni, cette initiative gouvernementale propose de modifier la Constitution du pays.

Le texte soumis au vote prévoit la séparation des rôles entre les juges et les procureurs, ainsi qu’une restructuration en profondeur du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Cet organe de tutelle serait scindé en deux conseils distincts. Le projet instaure également une cour disciplinaire de 15 membres. Contrairement au système actuel basé sur l’élection par les pairs, les membres de cette nouvelle cour seraient en grande partie tirés au sort, tandis que six d’entre eux seraient choisis à parts égales par le président de la République et le parlement.

Giorgia Meloni a défendu cette réforme dans une vidéo diffusée la semaine dernière, affirmant qu’elle est indispensable pour garantir l’impartialité du fonctionnement des tribunaux. Elle a décrit une future justice « plus moderne, plus méritocratique, plus autonome » et affranchie des pressions politiques.

Le bloc d’opposition rejette fermement ces arguments, dénonçant un texte qui occulte les problèmes urgents tels que la durée des procès et la surpopulation carcérale. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Elly Schlein, à la tête du Parti démocrate (centre-gauche), juge le document mal rédigé et préjudiciable à l’indépendance des magistrats. De son côté, l’avocat pénaliste Franco Moretti, qui dirige la campagne du « non », redoute que la nouvelle cour disciplinaire ne devienne le bras armé du pouvoir politique pour cibler une partie de la magistrature.

Les opérations de vote s’achèvent ce lundi à 14h00 GMT, avec de premiers résultats attendus dans la journée. Les enquêtes d’opinion indiquent des intentions de vote extrêmement resserrées entre les deux camps.

Les répercussions de ce scrutin s’annoncent déterminantes pour la coalition au pouvoir depuis octobre 2022. Une approbation de la réforme apporterait un élan politique à Giorgia Meloni, dont le gouvernement fait actuellement face au ralentissement économique et aux conséquences géopolitiques de la guerre en Iran. Un rejet constituerait un revers électoral pour la dirigeante, qui a toutefois exclu de quitter ses fonctions, tout en offrant au centre-gauche une opportunité de consolider son alliance d’opposition.

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