C’est une histoire insolite qui agite la ville de Rome depuis quelques jours, mêlant art sacré, politique et curiosité touristique. Dans la capitale italienne, la restauration d’une œuvre ancienne au sein de la basilique San Lorenzo in Lucina a pris une tournure imprévue lorsque les fidèles et les visiteurs ont cru reconnaître, sous les traits d’un ange, le visage de la Première ministre Giorgia Meloni. Face à l’ampleur du phénomène, les autorités religieuses ont dû intervenir.
Tout a commencé fin janvier, lorsque le quotidien *La Repubblica* a révélé l’existence de cette fresque restaurée datant du IVe siècle. Située en plein cœur de Rome, l’œuvre a rapidement attiré l’attention pour une raison bien précise : l’un des anges représentés affichait une ressemblance frappante avec la cheffe du gouvernement italien. Cette similarité n’a pas tardé à transformer le lieu de culte en attraction, modifiant considérablement l’atmosphère de la basilique.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’évêque responsable de la basilique, Daniele Micheletti, a confirmé que l’expression faciale rappelant Giorgia Meloni a été retirée de l’œuvre. La décision a été motivée par le comportement du public. Mgr Micheletti a expliqué que l’église voyait affluer des personnes venues non pas pour se recueillir ou assister aux offices, mais exclusivement pour observer la fresque et prendre des photos, perturbant ainsi la vocation spirituelle du lieu.
Cette intervention sur l’œuvre a toutefois ouvert un débat technique et éthique sur la restauration. Bruno Valentinetti, en charge des travaux, a défendu son travail en affirmant être resté fidèle à l’œuvre originale qu’il avait pour mission de raviver. Une version contestée par le prêtre Giulio Albanese, responsable de la communication de la basilique, qui a soutenu que l’état originel de la fresque ne présentait absolument pas ces traits.
La polémique a pris une telle ampleur que le ministère italien de la Culture, conjointement avec la direction de la basilique, a initié une enquête sur le processus de restauration. Des images d’archives circulant dans la presse italienne ont d’ailleurs confirmé des différences notables entre l’état de la fresque avant et après les travaux.
De son côté, la principale intéressée a choisi l’humour pour désamorcer la situation. Giorgia Meloni a partagé la photo de l’œuvre sur ses réseaux sociaux, accompagnant l’image d’un commentaire ironique : « Non, je ne ressemble certainement pas à un ange. »