Les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, prévus du 6 au 22 février, ne se joueront pas uniquement sur les pistes de ski, mais également sur le terrain diplomatique et sécuritaire. Alors que l’Italie s’apprête à accueillir près de deux millions de visiteurs, l’annonce de l’implication d’une agence fédérale américaine controversée dans le dispositif de sécurité a suscité de vives réactions. Pour couper court à la polémique, le gouvernement italien a dû préciser le cadre strict d’intervention de ces agents étrangers sur son sol.
L’Italie se prépare à gérer l’une des opérations de sécurité les plus complexes de son histoire, avec des événements répartis entre Milan et Cortina d’Ampezzo. Dans ce contexte, la délégation américaine, qui sera dirigée par le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, bénéficiera d’une protection renforcée. Le département d’État américain a confirmé que plusieurs agences fédérales, dont l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), seraient mobilisées pour protéger les ressortissants américains, une pratique courante lors des olympiades précédentes.
Une présence sous haute surveillance
Cependant, l’image du ICE, souvent associé aux politiques migratoires strictes du président Donald Trump, passe mal auprès d’une partie de l’opinion publique italienne. Face aux inquiétudes, le ministère italien de l’Intérieur a tenu à clarifier la situation. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Rome a tracé une ligne rouge infranchissable : les agents du ICE n’auront aucun pouvoir de police sur le territoire italien.
Le ministère a insisté sur le fait que toutes les opérations de sécurité resteront sous la « responsabilité et la direction exclusives des autorités italiennes ». Concrètement, le personnel du ICE sera cantonné aux bureaux diplomatiques américains, notamment au consulat de Milan, et n’opérera pas sur le terrain. Tilman J. Fertitta, l’ambassadeur des États-Unis en Italie, a confirmé que leur rôle serait « strictement consultatif et basé sur le renseignement », se concentrant notamment sur la cybercriminalité et les menaces transnationales via la division Homeland Security Investigations (HSI).
Un dispositif national massif
Pour assurer la sécurité des 3 500 athlètes et des spectateurs, l’Italie déploie des moyens considérables. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a annoncé la mobilisation d’environ 6 000 membres des forces de l’ordre, incluant 3 000 policiers, 2 000 carabiniers et 800 agents de la Guardia di Finanza. Le dispositif comprendra également une surveillance par drones, des systèmes robotisés pour les zones difficiles d’accès et, pour la première fois, une salle de contrôle de cybersécurité opérationnelle 24 heures sur 24.
Malgré ces assurances, la présence de l’agence américaine continue de mobiliser l’opposition. Le syndicat USB a d’ores et déjà appelé à un rassemblement « ICE OUT » dans le centre de Milan le 6 février, jour de la cérémonie d’ouverture. Des « zones rouges » seront activées par les autorités pour limiter l’accès aux sites sensibles et prévenir d’éventuels débordements.