Les relations diplomatiques entre Israël et la France franchissent un nouveau cap de tension. Le ministère israélien de la Défense a acté une révision majeure de sa stratégie d’approvisionnement, ciblant directement l’industrie militaire française.
Selon les informations de l’agence Anadolu, les autorités israéliennes ont décidé de « ramener à zéro » leurs importations militaires en provenance de l’Hexagone. L’annonce a été faite ce mardi par une porte-parole du ministère israélien de la Défense à la presse française. Concrètement, le directeur général du ministère a ordonné que les budgets jusqu’ici alloués aux achats d’équipements de défense français soient réorientés. Ces fonds bénéficieront désormais à la production nationale, désignée sous l’appellation « Bleu et Blanc », ainsi qu’à d’autres pays alliés.
Cette rupture commerciale s’appuie sur des accusations d’hostilité formulées à l’encontre de Paris, accusé d’avoir agi à plusieurs reprises pour porter atteinte à la sécurité d’Israël et à la capacité opérationnelle de ses industries de défense. Les autorités israéliennes motivent leur décision par deux actes précis : la reconnaissance de l’État de Palestine par la France en septembre 2025, et l’interdiction récente opposée aux avions israéliens de survoler le territoire français. Ces appareils transportaient des munitions destinées à des opérations contre l’Iran, une restriction appliquée malgré une coordination préalable et des assurances sur la nature de la cargaison, a précisé la porte-parole.
Ce développement s’inscrit dans une séquence diplomatique complexe. Récemment, Paris s’est étonné des critiques formulées par le président américain Donald Trump, qui reprochait à la France d’entraver le soutien militaire à Israël dans le cadre du conflit avec Téhéran. En réponse, l’Élysée a affirmé que sa position concernant le survol de son espace aérien n’avait pas évolué depuis le début des hostilités.
Sur le plan comptable, le dernier rapport remis au Parlement français évalue les commandes israéliennes auprès des entreprises françaises de l’armement à 223,2 millions d’euros pour la période 2015-2024. Le document spécifie que Paris n’exporte pas directement d’armes vers Israël, mais fournit des composants destinés à des systèmes défensifs ou à des réexportations vers des pays tiers. À l’échelle globale, l’industrie de défense française a enregistré 21,6 milliards d’euros de commandes étrangères en 2024.