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Israël : en plein triomphalisme après l’attaque sur l’Iran, le constat alarmant d’une élue sur l’état des troupes

Au lendemain de l’offensive conjointe menée par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran, l’atmosphère dans les rues israéliennes oscille entre un retour au calme apparent et une union sacrée de la classe politique. Pourtant, derrière cette façade de sérénité largement relayée par les officiels, des voix internes mettent en garde contre une réalité militaire et sociale beaucoup plus fragile.

Le contraste est saisissant par rapport aux précédentes escalades. Alors que le pays reste en état d’alerte maximale face aux salves de représailles iraniennes, une forme de banalisation s’est installée. L’analyste politique Ori Goldberg décrit une ambiance de triomphalisme à Tel-Aviv, soulignant que les allers-retours vers les abris anti-aériens font désormais partie du quotidien des Israéliens.

Sur le plan politique, l’opération militaire a temporairement effacé les clivages. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié ces frappes par la nécessité d’éliminer une menace existentielle, allant jusqu’à inciter le peuple iranien au soulèvement. Une position soutenue sans réserve par le chef de l’opposition, Yair Lapid. Ce dernier a affiché son soutien total à l’armée, déclarant qu’il n’y a « ni coalition ni opposition » dans ces moments, avant de relayer lui-même un message en farsi appelant à un changement de régime à Téhéran.

Cependant, ce récit d’une nation invincible et parfaitement préparée est nuancé par d’autres acteurs politiques. Selon les informations recueillies par Al Jazeera, Aida Touma-Suleiman, députée palestinienne à la Knesset représentant la faction de gauche Hadash-Ta’al, dénonce un discours médiatique en décalage avec les capacités réelles du pays. Alors que les sirènes d’alerte continuent de rythmer ses journées à Haïfa, l’élue pointe du doigt l’usure profonde qui frappe la société et les forces armées, engagées sur de multiples fronts depuis octobre 2023.

« L’armée est épuisée, la population est épuisée », alerte la parlementaire, qui doute de la capacité d’Israël à soutenir une guerre de longue durée. Selon elle, la gestion du calendrier militaire dépendra exclusivement des États-Unis. Elle perçoit cette récente escalade comme un pari politique de Benjamin Netanyahu, cherchant à brandir au moins une victoire devant l’opinion publique en vue de futures échéances électorales.

Une perspective de conflit prolongé est également envisagée par Ahron Bregman, chercheur au département des études de guerre du King’s College de Londres. S’il note un certain soulagement en Israël face à la fin de l’incertitude sur la riposte, il estime que l’objectif de fragiliser les dirigeants iraniens par la voie des airs a peu de chances de provoquer leur chute, ouvrant ainsi la voie à une confrontation durable dans une région déjà sous tension maximale.

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