Israël : Cité dans les dossiers Epstein, l’ex-Premier ministre Ehud Barak admet finalement cette erreur de jugement

La publication massive de documents judiciaires américains liés à l’affaire Jeffrey Epstein continue de provoquer des remous au sein de la classe politique internationale. En Israël, c’est l’ancien Premier ministre Ehud Barak qui se retrouve sous le feu des critiques. Longtemps silencieux sur la nature exacte de ses relations avec le financier américain décédé en prison, l’ex-chef du gouvernement a dû s’expliquer publiquement, jeudi dernier, sur la chaîne israélienne Channel 12.

Face à l’accumulation de fichiers révélant la proximité entre le délinquant sexuel et l’élite mondiale, Ehud Barak a exprimé ses regrets quant à cette relation initiée en 2003. Introduit par l’ancien président Shimon Peres lors d’un événement à Washington, Barak affirme aujourd’hui regretter ce moment précis. « Je suis responsable de toutes mes actions et décisions. Il y a lieu de se demander si j’aurais dû enquêter plus en profondeur. Je regrette de ne pas l’avoir fait », a-t-il déclaré, selon les propos relayés par notre source, Al Jazeera.

Le point central de la controverse réside dans la persistance des liens entre les deux hommes après la condamnation d’Epstein en 2008 pour sollicitation de prostitution sur mineure. Ehud Barak ne nie pas ces contacts. Il reconnaît avoir séjourné, accompagné de son épouse, au domicile new-yorkais du financier à plusieurs reprises entre 2015 et 2019. Pour justifier cette proximité malgré le casier judiciaire d’Epstein, l’ancien dirigeant soutient qu’à cette époque, le financier était perçu comme quelqu’un ayant « payé sa dette à la société » et réintégré la vie publique.

L’interview a également abordé la question sensible de la présence d’Ehud Barak sur « Little Saint James », l’île privée d’Epstein dans les îles Vierges américaines, tristement célèbre pour avoir abrité des réseaux de trafic sexuel. L’ancien Premier ministre a confirmé s’y être rendu, mais précise qu’il s’agissait d’une visite unique, « de trois heures en plein jour », en compagnie de sa femme et de gardes du corps. Il affirme n’avoir été témoin d’aucun comportement délictuel ni d’aucune activité suspecte durant ces années, assurant n’avoir découvert l’ampleur des crimes qu’en 2019, lors de la réouverture de l’enquête fédérale.

Au-delà des liens directs, des enregistrements déclassifiés ont mis Ehud Barak dans une position délicate concernant sa vision démographique d’Israël. Dans un échange audio avec Epstein, l’homme politique évoquait la nécessité d’absorber un million d’immigrants russophones pour compenser la croissance de la population arabe. Il y mentionnait l’arrivée potentielle de « beaucoup de jeunes et belles filles » venant de Russie. Interrogé sur ces propos, Barak a nié toute intention raciste, concédant simplement ne pas être « fier de ce choix de mots », tout en replaçant la discussion dans le contexte des défis démographiques de l’État hébreu.

Les documents révélés par la justice américaine mettent également en lumière des financements accordés par Epstein à diverses entités israéliennes et des connexions présumées avec d’anciens membres des services de renseignement. Si Ehud Barak soutient qu’aucun futur document ne révélera de conduite inappropriée de sa part, ces révélations continuent d’alimenter le débat public en Israël et au-delà.

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