L’adoption par le parlement israélien d’une nouvelle législation instaurant la peine de mort a provoqué la réaction officielle du gouvernement allemand. Ce texte, soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, introduit des procédures judiciaires et carcérales particulièrement strictes, soulevant des craintes à Berlin quant à son champ d’application.
Selon les informations de l’agence Anadolu, l’Allemagne a vivement critiqué cette évolution légale, la qualifiant de démarche inquiétante. Stefan Kornelius, porte-parole du gouvernement allemand, a rappelé par voie de communiqué que l’opposition à la peine capitale demeure un principe fondamental de leur politique. Tout en indiquant comprendre que des mesures strictes contre le terrorisme aient été prises par Israël depuis le 7 octobre, les autorités allemandes redoutent que cette nouvelle loi ne soit appliquée de manière discriminatoire, ciblant uniquement les Palestiniens dans les territoires occupés.
Le texte validé lundi par la Knesset fait de la peine de mort la sanction par défaut pour les Palestiniens de la Cisjordanie occupée reconnus coupables d’attaques meurtrières contre des citoyens israéliens. Notre rédaction souligne que la loi prévoit des modalités d’exécution spécifiques : les condamnations seront appliquées par pendaison, sous la supervision de gardiens désignés par le Service pénitentiaire israélien. Ces agents bénéficieront d’un anonymat total et d’une immunité légale garantie.
Le cadre judiciaire entourant ces condamnations a également été redéfini. Les tribunaux, y compris les juridictions militaires traitant les dossiers de Palestiniens en Cisjordanie occupée, ont désormais l’autorité de prononcer la peine capitale sans qu’une demande préalable du ministère public ne soit requise. Une majorité simple des juges suffit pour acter la sentence, annulant la nécessité d’une décision unanime. Le ministre de la Défense conserve par ailleurs le droit de soumettre un avis avant le prononcé du jugement.
Les conditions de détention des personnes condamnées font l’objet de restrictions majeures. La législation impose leur transfert vers des établissements spéciaux où les visites sont limitées aux seules parties autorisées. Les échanges avec les avocats de la défense se dérouleront exclusivement par communication vidéo. Enfin, le texte législatif interdit formellement toute possibilité de recours une fois la sentence prononcée.