Iran : le remplaçant du chef de la sécurité assassiné est désigné, un profil qui renforce un camp précis

Suite à la mort de son précédent responsable, l’appareil sécuritaire iranien entame sa réorganisation. La présidence a officialisé ce mardi la nomination du nouveau chef du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN), une décision stratégique intervenant en pleine escalade des tensions régionales et internationales.

Le choix de Téhéran s’est porté sur Mohammad Bagher Zolghadr. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, il succède à Ali Larijani, tué au début du mois lors d’une frappe aérienne menée par les États-Unis et Israël. L’annonce a été diffusée sur le réseau social X par le responsable de la communication du président Masoud Pezeshkian. Le CSSN, officiellement présidé par ce dernier, a pour mission de coordonner la politique étrangère et sécuritaire du pays, en réunissant les hauts responsables militaires, gouvernementaux et du renseignement.

Le profil du nouveau dirigeant marque un ancrage militaire prononcé. Ancien commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Mohammad Bagher Zolghadr a combattu lors de la guerre contre l’Irak dans les années 1980. Il a par la suite dirigé l’état-major interarmées du CGRI pendant huit ans, avant d’en devenir le commandant en chef adjoint pour une durée équivalente. Son incursion dans la sphère politique gouvernementale remonte à 2005, avec sa nomination comme vice-ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité sous Mahmoud Ahmadinejad. Depuis 2023, il occupait le poste de secrétaire du Conseil de discernement, un organe de médiation et de conseil clé au sein du système iranien.

Cette promotion consolide le poids grandissant des Gardiens de la révolution au sommet de l’État. Elle intervient dans une période d’incertitude au plus haut niveau : Mojtaba Khamenei n’a pas été vu en public depuis qu’il a succédé, début mars, à son père assassiné, l’ayatollah Ali Khamenei.

Sur le plan diplomatique et militaire, la situation demeure figée après la mort d’Ali Larijani, perçu comme l’une des figures non religieuses les plus influentes du pays. Le président américain Donald Trump a affirmé mardi s’entretenir avec une « haute personnalité » non identifiée, tout en prolongeant de cinq jours l’ultimatum fixé pour d’éventuelles frappes contre les centrales électriques iraniennes. Cette déclaration a été balayée par le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a exclu toute négociation en cours et accusé Donald Trump de chercher à manipuler les marchés financiers et pétroliers mondiaux.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire