Iran : le prix atteint par le Brent malgré l’offre de Téhéran sur Ormuz

Les prix du pétrole poursuivaient leur hausse mardi, alors même que l’Iran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz en échange d’un report des négociations nucléaires avec les États-Unis. Ce passage maritime reste stratégique pour l’approvisionnement mondial en carburants, dans un contexte de tensions toujours non résolues entre Washington et Téhéran.

D’après Al Jazeera, cette proposition iranienne n’a pas suffi à rassurer les marchés. Le Brent, référence internationale du brut, progressait de plus de 1 % mardi. À 03h30 GMT, il s’échangeait à 109,42 dollars le baril, soit une hausse de 11 % par rapport à mardi dernier. Le média précise également que le dernier cours de clôture inférieur à 100 dollars remonte à une période antérieure à cette nouvelle poussée des prix.

La hausse est intervenue après que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a transmis des propositions visant à rouvrir le détroit à son interlocuteur pakistanais, alors que les discussions de paix entre les États-Unis et l’Iran restent au point mort. Les autorités américaines n’ont pas commenté publiquement cette offre, qui prévoit de repousser à plus tard la question du programme nucléaire iranien.

Depuis deux mois, les menaces iraniennes contre la navigation commerciale ont fortement réduit le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Selon des données de suivi des navires observées par la plateforme d’intelligence maritime Windward, seuls huit navires ont franchi le détroit dimanche, contre 19 passages la veille. Avant le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, une moyenne de 129 navires traversait quotidiennement ce corridor, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Le blocage du détroit et les attaques contre les infrastructures énergétiques régionales ont fait reculer la production mondiale de pétrole de 14,5 millions de barils par jour, d’après une estimation de Goldman Sachs. Des experts du transport maritime et de la logistique estiment qu’un retour à la normale des flux énergétiques pourrait prendre plusieurs mois, même en cas d’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit. Ils évoquent notamment l’accumulation de cargaisons non déchargées, les dégâts sur les infrastructures et la nécessité de sécuriser la voie maritime, notamment face à la présence de mines iraniennes.

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