Les récentes frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont entraîné une perturbation majeure du trafic dans le détroit d’Ormuz. Cette paralysie d’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde provoque une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux, propulsant les cours à des sommets inédits depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la nervosité des marchés a été accentuée par une déclaration en provenance du Qatar. Le ministre qatari de l’Énergie, Saad bin Sherida Al-Kaabi, a averti que les pays du Golfe pourraient être contraints de suspendre leur production de pétrole et de gaz. Cette annonce a immédiatement accéléré la flambée des prix.
Cette perspective, couplée à l’escalade militaire, a fait bondir les cours pétroliers. Le Brent a clôturé la semaine débutant le 2 mars à 90,83 dollars le baril, enregistrant une hausse de 16,2 % sur la semaine et d’environ 24,4 % par rapport à la période précédant les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Il s’agit de son plus haut niveau depuis octobre 2023. Le brut WTI a suivi la même trajectoire, atteignant 88,89 dollars, soit une progression de 32,3 % par rapport à l’avant-crise.
Les marchés du gaz et du charbon subissent également cette pression. Sur la plateforme néerlandaise TTF, référence en Europe, les contrats à terme pour livraison en avril ont grimpé à 53,38 euros par mégawattheure, cumulant une hausse d’environ 70 % depuis le début des tensions. Le charbon de Newcastle a, quant à lui, dépassé les 133 dollars la tonne, marquant une augmentation de plus de 10 %.
Sur le plan logistique, l’agence Anadolu précise que les perturbations dans le détroit d’Ormuz bloquent quotidiennement 15 millions de barils de brut et 4,5 millions de barils de carburants raffinés. Cette perte représente près d’un cinquième de la consommation mondiale. Face à l’impossibilité d’exporter, le brut s’accumule dans les réservoirs terrestres et les navires immobilisés. En Irak, environ un quart de la production journalière de 4,3 millions de barils a déjà été stoppé faute de capacités de stockage suffisantes. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït disposent de réserves, mais celles-ci ne peuvent absorber la production que pendant quelques jours.
Le secteur gazier fait face à une menace similaire. Près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par ce détroit, soit plus de 112 milliards de mètres cubes l’an dernier. La fermeture prolongée de cette voie pourrait priver le marché mondial d’environ 110 milliards de mètres cubes, majoritairement destinés à l’Asie, alors que le taux de remplissage des réserves gazières de l’Union européenne se situe actuellement à seulement 29,9 %.