Iran: la nouvelle proposition transmise aux États-Unis via le pays médiateur

L’Iran a transmis une nouvelle proposition en vue de discussions de paix avec les États-Unis, par l’intermédiaire du Pakistan, alors que les échanges entre les deux camps restent gelés malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis plusieurs semaines. Le texte a été remis à Islamabad jeudi soir, selon les médias d’État iraniens.

D’après Insider Paper, qui cite l’agence officielle iranienne IRNA, cette initiative intervient alors qu’un seul cycle de pourparlers directs entre représentants iraniens et américains a eu lieu jusqu’ici, sans aboutir. La guerre, déclenchée le 28 février par une vaste série de frappes surprises menées par les États-Unis et Israël, est suspendue depuis le 8 avril, date du cessez-le-feu.

Dans le même temps, Téhéran maintient son contrôle sur le détroit d’Ormuz, ce qui bloque d’importants volumes de pétrole, de gaz et d’engrais pour l’économie mondiale. En réponse, Washington a imposé un contre-blocus sur les ports iraniens. Le Wall Street Journal a rapporté jeudi que le président américain Donald Trump avait demandé à ses responsables de sécurité de se préparer à voir ce blocus durer plusieurs mois, un contexte qui a contribué à la hausse des prix du pétrole.

Vendredi, le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a affirmé dans une vidéo diffusée par le site Mizan Online que « la République islamique n’a jamais reculé devant les négociations ». Il a toutefois ajouté que l’Iran n’accepterait « certainement pas l’imposition ». Il a également déclaré que Téhéran ne souhaitait pas un retour de la guerre ni sa poursuite.

Sur le plan économique, les effets du conflit restent marqués. Les prix du pétrole demeurent à plus de 50 % au-dessus de leur niveau d’avant-guerre, tandis que la Banque centrale européenne a maintenu ses taux d’intérêt sur fond de craintes inflationnistes. Aux États-Unis, l’inflation a atteint 3,5 % et la croissance a été plus faible qu’attendu, selon des données gouvernementales publiées jeudi. En Iran, l’armée américaine affirme que son blocus a empêché l’exportation de 6 milliards de dollars de pétrole iranien. L’inflation, déjà supérieure à 45 % avant la guerre, a grimpé à 53,7 % ces dernières semaines, selon le centre national des statistiques.

À Washington, le conflit alimente aussi un débat juridique sur les pouvoirs de guerre de Donald Trump. Des responsables de l’administration, dont le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, soutiennent que le cessez-le-feu suspend le délai de 60 jours imposant au président de demander l’autorisation du Congrès. Par ailleurs, les États-Unis ont confirmé le lancement d’une coalition maritime internationale baptisée « Maritime Freedom Construct » pour relancer la navigation. La France et le Royaume-Uni travaillent de leur côté à une autre coalition, que le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a présentée comme complémentaire.

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