L’épisode judiciaire commencé la semaine dernière sur le tarmac de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) connaît une accélération décisive. Intercepté alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national, le responsable politique local, dont le dossier a nécessité un transfèrement vers l’Est du pays, a été fixé sur son sort ce mercredi à l’issue de son audition par le procureur.
Le voyage de Lassana Kanté vers le Mali s’est brutalement interrompu le 15 janvier dernier. Alors qu’il accomplissait les formalités d’embarquement, le coordonnateur de Taxawu Senegaal à Tambacounda a été interpellé par la Police des frontières. Cette arrestation à Diass exécutait un mandat d’arrêt émis par le Parquet de la capitale orientale, nécessitant le transfert du mis en cause vers Tambacounda samedi dernier. Placé en garde à vue dans les locaux de la Section de recherches de la gendarmerie, l’homme politique a dû répondre de faits précis.
Selon les informations relayées par notre confrère *Le Quotidien*, la Justice reproche au responsable politique d’avoir tenu des propos jugés « déplacés » à l’encontre d’une autorité exerçant une partie des pouvoirs du chef de l’État. C’est sur la base de ces accusations, qualifiées d’outrageantes, que le dossier a été instruit.
Au terme de son face-à-face avec le procureur près le Tribunal de grande instance de Tambacounda ce mercredi, la décision du magistrat est tombée : Lassana Kanté a été placé sous mandat de dépôt. Il passera donc ses prochaines nuits en détention en attendant son jugement.
Cette affaire mobilise déjà l’état-major de sa formation politique. Lors de son transfèrement, le prévenu aurait reçu le soutien de Khalifa Sall et d’avocats lors d’une escale à Kaffrine. La procédure judiciaire va désormais s’accélérer, puisque le procès a été fixé à mercredi prochain, date à laquelle le tribunal devra statuer sur le fond du dossier.