L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé ce mardi que des bâtiments situés à l’entrée de l’usine d’enrichissement de combustible (FEP) de Natanz ont subi « des dommages récents ». Cette annonce intervient alors que les attaques israélo-américaines contre l’Iran se poursuivent pour la quatrième journée consécutive.
Dans sa brève déclaration, l’AIEA a précisé qu’« aucune conséquence radiologique n’est attendue et aucun impact supplémentaire n’a été détecté au niveau du FEP lui-même ». L’agence a toutefois souligné que l’installation avait déjà été « gravement endommagée » lors du conflit qui a opposé Israël et les États-Unis à l’Iran l’année dernière.
L’usine de Natanz, située près de la ville de Qom, compte parmi les trois centres d’enrichissement d’uranium iraniens qui étaient en activité lors des frappes menées en juin 2025 par les forces israéliennes et américaines.
La reprise de l’offensive militaire samedi laissait présager que les infrastructures nucléaires iraniennes feraient partie des cibles. Selon la Société du Croissant-Rouge iranien, cette nouvelle vague d’attaques a déjà causé la mort d’au moins 787 personnes à travers le pays. En représailles, les forces iraniennes ont mené des opérations dans plusieurs pays du Moyen-Orient, faisant plusieurs victimes, dont au moins six militaires américains et 11 personnes en Israël.
Lundi, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait déclaré suivre le conflit « avec inquiétude ». Il a assuré que le Centre des incidents et des urgences de l’agence évaluait la situation et qu’à ce stade, « aucune élévation des niveaux de rayonnement au-dessus des niveaux de fond habituels n’a été détectée dans les pays voisins de l’Iran ».
M. Grossi avait également indiqué ne disposer d’« aucune indication indiquant que l’une des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bouchehr, le réacteur de recherche de Téhéran ou d’autres installations du cycle du combustible nucléaire, ait été endommagée ou touchée ».
Cette affirmation a été formellement démentie par l’envoyé de l’Iran auprès de l’AIEA, Reza Najafi. S’exprimant depuis le siège de l’agence à Vienne, il a affirmé que le site de Natanz avait été touché dimanche. « Une fois de plus, ils ont attaqué hier les installations nucléaires pacifiques et garanties de l’Iran », a-t-il déclaré, qualifiant de « gros mensonge » les allégations selon lesquelles son pays chercherait à développer l’arme atomique.
Ces déclarations corroborent les observations de l’Institute for Science and International Security. Ce groupe de réflexion américain, fondé par l’ancien inspecteur nucléaire de l’ONU David Albright, a indiqué lundi que des images satellites montraient deux frappes sur les points d’accès de l’usine souterraine de Natanz. Selon M. Albright, ces frappes auraient eu lieu entre dimanche après-midi et lundi matin, bien qu’il n’ait pu déterminer si elles étaient le fait des États-Unis ou d’Israël.