Industrie pharmaceutique : 17 projets de recherche validés pour industrialiser une filière jusque-là informelle

Le plan de relance de l’industrie pharmaceutique locale amorce une phase décisive au Sénégal. Loin des pratiques empiriques, les autorités sanitaires s’appuient désormais sur des modèles étrangers pour structurer et produire à grande échelle une catégorie spécifique de traitements, marquant une rupture avec les méthodes du passé.

Dans le cadre de cette relance, l’Ugp/pharma a organisé, ce lundi 23 février 2026, un atelier de restitution soutenu par Enabel. Comme le rapporte le journal Sud Quotidien, cette rencontre fait suite à des missions d’évaluation menées en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso, destinées à observer les meilleures pratiques en matière de production médicale.

L’objectif central de cette démarche est de structurer la recherche scientifique et la production des phyto-médicaments au Sénégal. La filière de la médecine traditionnelle, longtemps cantonnée au secteur informel ou expérimental, entame sa mutation. À ce jour, dix-sept projets de recherche ciblant des pathologies prioritaires à forte morbidité ont été validés. Pour mener à bien ces travaux, des équipes mixtes regroupant des chercheurs universitaires, des cliniciens et des industriels ont été formées, parallèlement au lancement d’enquêtes ethnobotaniques encadrées.

Mor Diagne, conseiller technique en pharmacie au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, précise que le partenariat avec les tradipraticiens s’inscrit désormais dans un cadre de rigueur absolue. La démarche inclut la traçabilité des espèces, l’identification botanique certifiée, la caractérisation phytochimique des extraits, la standardisation des principes actifs et la validation préclinique et clinique des formulations.

L’exploitation des données issues des missions à l’étranger démontre que le succès d’une industrie phytopharmaceutique nécessite une sécurisation de la pharmacopée nationale, des procédures d’enregistrement adaptées et des plateformes technologiques de standardisation. Les acteurs du secteur ambitionnent aujourd’hui de consolider les priorités d’investissement et de définir une feuille de route opérationnelle pour la période 2026-2028, marquant le passage définitif vers une industrialisation maîtrisée.

Cette dynamique nationale s’inscrit dans un contexte continental en évolution. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), représentée par le Dr Guy Njambong, rappelle qu’environ 80 % de la population recourt à la médecine traditionnelle comme première option de soins primaires. L’expert souligne que l’Afrique enregistre des avancées notables en matière de gouvernance, avec 19 pays produisant déjà localement des médicaments traditionnels. Le défi actuel, selon l’OMS, consiste à aligner ces initiatives sur la stratégie mondiale 2025-2034 en renforçant la réglementation et la production locale.

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