Une enquête nationale menée durant une année à travers neuf régions du Sénégal vient de livrer ses conclusions. L’objectif de cette démarche visait à évaluer et documenter la contribution concrète d’acteurs souvent en marge des circuits officiels dans les domaines de l’éducation et de la protection sociale.
C’est le Cadre des religieux pour la santé et le développement (CRSD) qui a procédé, ce mardi, à la restitution de cette étude. Selon les informations relayées par le quotidien Sud Quotidien, le rapport met en lumière l’impact direct des institutions et familles religieuses sénégalaises. Financée par le projet Templeton Religion Trust (TRT), la collecte de données s’est étendue sur les régions de Dakar, Diourbel, Kaolack, Kolda, Louga, Thiès, Kaffrine, Saint-Louis et Fatick.
Le document détaille les multiples réalisations de ces entités. L’enquête a ciblé 31 structures au sein des foyers religieux musulmans. Parmi les 26 ayant répondu figurent notamment des instituts islamiques et des daaras. L’Église catholique a également exposé sa contribution socio-éducative lors de cette restitution. Cheikh Saliou Mbacké, président de l’ONG CRSD, a précisé que la démarche vise à rendre ces efforts visibles et à explorer des stratégies pour systématiser ces interventions.
Les données recueillies soulignent un paradoxe institutionnel. Selon Babacar Samb, directeur des daaras au ministère de l’Éducation nationale venu présider la rencontre, les actions de ces familles et institutions religieuses demeuraient « non seulement inconnues mais aussi non reconnues par les différentes parties prenantes dont l’État, les partenaires techniques et financiers, la société civile ». L’étude démontre pourtant leur participation active à la formation d’agents de développement et à la mise en place d’établissements scolaires, assortie de mesures de protection sociale pour les couches démunies.
Cheikh Saliou Mbacké a souligné qu’au-delà de la production d’informations, l’enjeu est désormais de jeter des bases solides pour que ces contributions soient formellement intégrées et prises en compte aux différents niveaux de décision de l’État.