La Commission européenne a opposé une fin de non-recevoir, ce lundi à Bruxelles, à la demande de la France et d’autres États membres visant à suspendre une taxe douanière spécifique. Cette requête s’inscrivait dans un contexte de forte hausse des coûts de production.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Bruxelles refuse de geler la taxe carbone européenne applicable aux engrais importés. Lors d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture, le commissaire européen en charge du secteur, Christophe Hansen, a reconnu que le niveau élevé des prix constituait une préoccupation pour le secteur agricole. Il a toutefois souligné qu’une suspension de ce prélèvement aux frontières risquait d’accentuer la dépendance du continent aux importations.
La démarche française, soutenue notamment par l’Italie et la Croatie, visait à obtenir un allègement temporaire face à la conjoncture géopolitique. La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a expliqué que les perturbations maritimes engendrées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran faisaient flamber le coût de l’urée, un composant indispensable à la fabrication des engrais. Elle a mis en avant l’impasse économique dans laquelle se trouvent actuellement les producteurs.
Entrée en vigueur le 1er janvier, cette taxe carbone aux frontières impose une redevance sur les émissions liées à l’importation de produits tels que les engrais, l’acier et le ciment. Ce mécanisme a été conçu pour protéger l’industrie européenne face aux produits issus de pays appliquant des normes climatiques moins strictes. Les producteurs européens d’engrais se sont d’ailleurs opposés à toute suspension de la mesure.
Face aux tensions sur le marché, l’Union européenne prévoit de réunir en urgence les acteurs de l’industrie le 13 avril prochain. L’objectif de cette rencontre sera d’étudier des mesures de soutien à la production locale et de réduction des dépendances. À l’issue de la réunion de lundi, Christophe Hansen a précisé qu’il privilégiait l’utilisation des recettes générées par cette taxe pour stabiliser les prix en faveur des agriculteurs, plutôt qu’une suspension pure et simple du dispositif. Parallèlement, des négociations sont en cours à Bruxelles autour d’un amendement qui pourrait autoriser des exemptions temporaires dans les années à venir.