Les relations déjà complexes entre Washington et La Havane franchissent un nouveau palier diplomatique. Alors que l’île caribéenne fait face à une crise énergétique et financière majeure, accentuée par de récentes mesures de rétorsion américaines, le locataire de la Maison Blanche a publiquement abordé la question de la gouvernance cubaine en formulant une perspective inattendue.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le Président Donald Trump a suggéré que les États-Unis pourraient prendre le contrôle de Cuba, tout en précisant que cette transition se ferait sur des bases amicales. S’exprimant vendredi depuis les pelouses de la Maison Blanche avant d’embarquer pour le Texas, il a détaillé sa lecture de la situation actuelle.
« Le gouvernement cubain discute avec nous, et ils sont dans une grande difficulté, comme vous le savez. Ils n’ont plus d’argent. Ils n’ont plus rien en ce moment, mais ils discutent avec nous », a déclaré le dirigeant américain aux journalistes présents. Il a ensuite ajouté : « Et peut-être que nous aurons une prise de contrôle amicale de Cuba. Nous pourrions très bien finir par avoir une prise de contrôle amicale de Cuba. »
Notre rédaction relève que cette initiative est directement pilotée par le Secrétaire d’État Marco Rubio. Le Président Donald Trump a réitéré sa position décrivant Cuba comme une « nation défaillante » au bord de l’effondrement, justifiant cette vision par l’absence de ressources financières, pétrolières et alimentaires sur l’île.
Cette déclaration intervient dans un climat de pressions maximales exercées depuis deux mois. Le point de bascule remonte au 3 janvier, date à laquelle une opération militaire américaine visant à capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro a entraîné la mort d’environ 32 soldats cubains. Dans le sillage de cet événement, Washington a drastiquement coupé les flux de pétrole et de capitaux vénézuéliens vers Cuba, menaçant de sanctions tout pays qui approvisionnerait l’île en hydrocarbures.
Des experts des droits de l’homme des Nations Unies ont récemment alerté sur l’imminence d’un effondrement humanitaire, qualifiant ce blocus énergétique de « forme extrême de coercition économique unilatérale » contraire au droit international.
L’approche américaine s’inscrit dans un cadre idéologique plus large, assumé par le Président Donald Trump depuis son discours d’investiture en 2025. S’inspirant de la doctrine Monroe du 19e siècle, il a rebaptisé sa politique d’influence dans l’hémisphère occidental la « Doctrine Donroe ». Cette vision expansionniste l’a déjà conduit à évoquer la gestion directe du Venezuela, l’acquisition de Gaza, ou encore à faire pression sur des pays comme le Canada et le Panama concernant leur souveraineté territoriale.
Du côté de La Havane, les autorités maintiennent une posture de résistance. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a accusé l’administration américaine de vouloir « étrangler l’économie cubaine » pour des intérêts personnels. Vendredi, il a réaffirmé que son pays se défendrait « avec détermination et fermeté contre toute agression terroriste ou mercenaire ».
Malgré cette rhétorique frontale, Washington a mis en place quelques canaux d’assistance parallèles. Une aide humanitaire de 6 millions de dollars a été annoncée en février, avec la particularité d’être distribuée exclusivement via des entités non gouvernementales, telles que l’Église catholique, écartant de fait les autorités cubaines du processus.