Au neuvième jour du conflit ouvert entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la question de la succession de l’ayatollah Ali Khamenei cristallise de nouvelles tensions. Alors que l’Assemblée des experts iranienne s’active pour désigner un nouveau dirigeant, le président américain a formulé une exigence stricte concernant le futur guide suprême, sur fond d’intensification des frappes régionales.
Lors d’une intervention sur la chaîne américaine ABC News dimanche, Donald Trump a déclaré que le futur guide suprême iranien devra obtenir l’approbation de Washington. Le locataire de la Maison-Blanche a été catégorique sur les conséquences d’un éventuel refus, affirmant que le nouveau dirigeant « ne durera pas longtemps » sans cet aval. Il a justifié cette position par la volonté d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire et d’éviter d’avoir à relancer de futures interventions militaires. Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Aragchi, a fermement rejeté toute ingérence, rappelant que le choix incombe exclusivement au peuple iranien et à l’Assemblée des experts.
Ces déclarations politiques interviennent alors que le bilan humain et matériel s’alourdit. Selon les données relayées par Al Jazeera, le conflit a déjà fait 1 332 morts en Iran, au moins 11 dans le Golfe, 11 en Israël et coûté la vie à six soldats américains. Les hostilités ont franchi un nouveau palier avec des frappes américaines et israéliennes ciblant pour la première fois des installations de stockage et de raffinage pétrolier à Téhéran. En riposte, l’Iran a multiplié les attaques, touchant notamment une usine de dessalement à Bahreïn. Face à cette volatilité, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a alerté sur un « tournant dangereux » pour la région, affirmant que des pourparlers diplomatiques indirects progressaient avant le déclenchement des hostilités.
Parallèlement, la stratégie militaire pourrait évoluer. Des rapports indiquent que Washington et Tel-Aviv étudient la possibilité d’une opération terrestre spécifique visant à sécuriser l’uranium enrichi iranien, une option confirmée comme étant à l’étude par l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter.
L’impact économique de cette escalade mobilise également l’administration américaine, à l’approche des élections de mi-mandat. Pour rassurer les marchés pétroliers face à la hausse des prix, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a évoqué l’exploitation du marché vénézuélien, un accès facilité depuis l’enlèvement du dirigeant Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier dernier. Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a de son côté qualifié la situation de « perturbation à court terme », assurant que les États-Unis disposent de 400 millions de gallons dans leurs réserves stratégiques, prêts à être injectés sur le marché si la situation l’exige.