Plus de 200 000 Sénégalais vivraient en Gambie, selon les estimations du Dr Ibrahima Badji. Coordonnateur de Kiiray dans ce pays, il présente la diaspora comme un levier de mobilisation et d’investissement pour son mouvement.
Dans un entretien accordé à Exclusif.net, l’ancien militant de PASTEF explique son rapprochement avec le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé. Il dit avoir trouvé au sein de Kiiray une approche républicaine de l’engagement politique et oppose les « patriotes pour l’État » aux patriotes qu’il estime tournés contre l’État.
Le responsable défend une politique fondée, selon lui, sur la stabilité des institutions et l’ancrage local. Il critique aussi les stratégies conçues pour attirer l’attention sur les réseaux sociaux, affirmant que l’action politique doit plutôt servir à construire un État protecteur.
Cette défense de l’ancrage local s’est exprimée lors de la tournée de Yankhoba Diémé à Ziguinchor. Présent aux côtés du ministre, Badji en a défendu le principe et le déroulement, jugeant la mission fructueuse et marquée par une importante mobilisation. Selon lui, le ministre devait rencontrer les autorités religieuses et coutumières ainsi que les populations pour leur exposer la situation politique du Sénégal, à la demande du président Bassirou Diomaye Faye. Cette démarche intervient alors que le parti présidentiel cherche à répondre aux critiques sur son implantation et son action en Casamance.
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La stratégie de Kiiray dans la région prend aussi une dimension électorale. À Ziguinchor, son coordonnateur départemental, Ansoumana Diatta, affirme que PASTEF a « abandonné » son bastion et annonce que son parti présentera des candidats dans les communes de la région aux élections locales de 2027. Il prédit une victoire de Kiiray, lancé autour du président Bassirou Diomaye Faye.
Le pari casamançais s’inscrit dans un projet d’implantation plus large : le 9 août 2026, Bassirou Diomaye Faye a fixé une feuille de route en trois phases pour structurer le parti à la base et l’étendre au Sénégal comme à l’étranger. Lancée en juillet dans le contexte de sa séparation d’avec PASTEF, la formation cherche ainsi à transformer ses relais locaux et ceux de la diaspora en présence politique durable.
La stratégie d’Ibrahima Badji et de Kiiray s’appuie également sur les préoccupations relevées lors d’une tournée à Bignona, Ziguinchor et Oussouye. Il rapporte que les habitants ont notamment évoqué les routes, le coût de la vie, le retour des jeunes partis en Gambie et la consolidation de la paix.
Sur les infrastructures, il cite les difficultés de circulation vers Cap Skirring et entre Bignona et Diouloulou, ainsi que l’attente d’équipements sur la Boucle du Fogny. Il salue par ailleurs l’attention accordée, selon lui, à la Casamance par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
En Gambie, les préoccupations qu’il rapporte concernent les documents administratifs, les déplacements, les transferts d’argent et les questions fiscales.





