L’État du Sénégal prévoit de construire 180 forages et 120 châteaux d’eau à l’horizon fin 2027 pour renforcer l’accès à l’eau potable en milieu rural. L’annonce a été faite mercredi à Louga par le ministre de l’Assainissement et de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, qui a également fait le point sur la réforme de la gestion des infrastructures hydrauliques rurales.
Le renforcement des infrastructures hydrauliques rurales figure parmi les priorités affichées par les autorités. À Louga, le ministre de l’Assainissement et de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, a annoncé un programme de renouvellement et de développement des équipements, avec la construction de 180 forages et de 120 châteaux d’eau d’ici à fin 2027.
Ces réalisations seront notamment exécutées dans le cadre du programme d’urgence, en complément de la deuxième phase du programme d’alimentation en eau potable des populations.
Le ministre s’exprimait lors de l’atelier de lancement officiel de la mission d’information, d’éducation et de communication consacrée à la réforme de l’hydraulique rurale. La rencontre s’est tenue en présence des autorités administratives et territoriales de Louga, du directeur général de l’Office des forages ruraux (OFOR), Serigne Mbacké Dieng, ainsi que de plusieurs acteurs du secteur.
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Cette mission vise à mieux faire connaître la réforme et à favoriser son appropriation par les populations. « Cette mission a pour but de faire de la communication, de l’enseignement, mais aussi de la vulgarisation de la réforme de l’hydraulique rurale », a expliqué le directeur général de l’OFOR dans les colonnes de l’APS visitée par Senego.
Engagée depuis une dizaine d’années, cette réforme repose notamment sur le transfert progressif de l’exploitation des infrastructures hydrauliques rurales à des opérateurs privés, appelés fermiers. Selon Serigne Mbacké Dieng, près des deux tiers des forages des huit régions ayant adopté le système d’affermage sont désormais confiés à ces opérateurs.
Les maires réclament une plus grande implication de l’État
La rencontre a également permis de recueillir les observations des élus locaux. Trente-cinq maires de communes rurales ont pris part aux échanges et partagé leurs appréciations sur la gestion des forages confiée à la Société sénégalaise des eaux rurales (SDER), chargée de l’exploitation des infrastructures dans la région de Louga.
Si les élus reconnaissent certaines améliorations dans la gestion des ouvrages, ils ont néanmoins relevé des difficultés qui nécessitent des ajustements. Ils ont notamment plaidé pour une implication plus importante de l’État et des collectivités territoriales dans les prochains contrats d’affermage.
De son côté, le directeur général de l’OFOR a attiré l’attention sur la vétusté d’une partie du parc hydraulique rural. Certaines infrastructures ont, selon lui, dépassé leur durée de vie, rendant nécessaires des investissements pour assurer la continuité du service.
Évoquant particulièrement la réserve de Dolly, dont les forages sont désormais exploités par la SDER à la demande du ministère de l’Agriculture, Serigne Mbacké Dieng a indiqué que le taux de disponibilité des ouvrages dépasse 96 %. Un résultat qui traduit, selon lui, une amélioration de la continuité de l’approvisionnement en eau et une réduction des interruptions de service.
La salinité de l’eau, une préoccupation persistante
Au cours des discussions, les associations d’éleveurs ont également soulevé les difficultés d’accès aux infrastructures hydrauliques dans les zones pastorales. Elles ont demandé une meilleure prise en compte des besoins du secteur de l’élevage dans les politiques d’approvisionnement en eau.
La qualité de l’eau demeure, par ailleurs, un défi majeur dans plusieurs localités. Dans l’est de la région de Louga ainsi que dans certaines zones de la bande salée de Thiès et de Diourbel, la salinité constitue une préoccupation pour les populations. Si la qualité bactériologique de l’eau est globalement assurée, les problèmes liés à sa composition hydrochimique persistent.
Pour apporter des solutions durables, plusieurs projets de transfert d’eau sont envisagés. Il s’agit notamment du Grand transfert d’eau (GTE), présenté comme une première étape des « autoroutes de l’eau », ainsi que des projets de Malème-Hodar.
Selon le directeur général de l’OFOR, le GTE devrait contribuer à améliorer l’approvisionnement en eau potable de 58 communes rurales, dont une grande partie se trouve dans la région de Louga.
Parmi les localités concernées figurent Keur Momar Sarr, Peté Ouarack, Nguer Malal, Thiamène et Koki, confrontées notamment à la présence d’eaux saumâtres. Ces investissements et projets de transfert devraient ainsi contribuer à améliorer durablement les conditions d’accès à l’eau potable des populations rurales.



