Le président colombien Gustavo Petro intensifie sa campagne d’interception de stupéfiants, dans un contexte de vives tensions avec les États-Unis. Face aux critiques du président américain Donald Trump, les autorités colombiennes multiplient les opérations portuaires pour démontrer l’efficacité de leur nouvelle approche sécuritaire.
Le 20 novembre 2025, la police colombienne a intercepté 14 tonnes de cocaïne dissimulées dans un conteneur maritime à Buenaventura, le principal port du pays sur la côte Pacifique. Cette cargaison, dont la valeur marchande est estimée à 390 millions de dollars, représente la plus importante prise réalisée par les forces de l’ordre au cours de la dernière décennie.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la Colombie a confisqué un volume historique de 985 tonnes de cocaïne sur l’ensemble de l’année 2025. Lors d’un conseil des ministres, Gustavo Petro a revendiqué ce bilan, affirmant diriger le gouvernement ayant intercepté la plus grande quantité de drogue dans l’histoire mondiale.
Cette augmentation des interceptions s’inscrit dans une redéfinition de la politique antidrogue nationale. Depuis son arrivée au pouvoir, le dirigeant colombien a réduit les opérations d’éradication forcée des plants de coca, estimant que cette pratique pénalise injustement les agriculteurs à faible revenu. En parallèle, son administration a entamé des pourparlers avec divers groupes impliqués dans le trafic pour tenter de réduire la violence, et a sollicité les Nations Unies pour décriminaliser la feuille de coca, en s’appuyant sur son usage traditionnel par les peuples autochtones des Andes.
Cependant, les experts estiment que ces volumes records ne suffisent pas à apaiser les relations avec Washington. Donald Trump a accusé Gustavo Petro d’inaction face au trafic, entraînant la décertification de la Colombie en tant qu’allié dans cette lutte. Ana Maria Rueda, spécialiste des politiques sur les drogues à la Fondation Ideas for Peace, indique que la stratégie de compensation par des saisies massives n’a pas produit l’effet escompté auprès de l’administration américaine. De son côté, Michael Weintraub, directeur du Centre d’études sur la sécurité et les drogues (CESED) de l’Université des Andes, remet en question la pertinence d’évaluer le succès de cette politique uniquement par le prisme du tonnage confisqué.