Guinée-Bissau : quinze organisations dénoncent la passivité de la médiation sénégalaise

La médiation sénégalaise est au cœur des critiques formulées dans un manifeste rendu public le 22 octobre 2026. Le Front uni et le Réseau international de solidarité avec la Guinée-Bissau, qui rassemblent une quinzaine d’organisations, jugent insuffisante l’action de la médiation désignée par la CEDEAO en juillet.

La médiation sénégalaise en Guinée-Bissau avait été confiée au Sénégal par la CEDEAO en juillet. Le 6 août, le ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang s’était rendu à Bissau pour présenter un plan aux autorités de transition, lors d’une démarche distincte des critiques exprimées dans le manifeste. Dans son compte rendu, Senegaldirect rapporte que les signataires appellent Dakar et l’organisation régionale à agir pour rétablir l’ordre constitutionnel et démocratique.

Concernant les élections simultanées de novembre 2025, les organisations disent que des membres des missions d’observation de l’Union africaine et de la CEDEAO avaient des informations selon lesquelles les conditions permettaient d’achever le processus électoral. Elles rapportent que des observateurs auraient défendu l’annonce des résultats par la Commission nationale électorale. Selon elles, des militaires et des milices fidèles à Umaro Sissoco Embaló ont ensuite fait échouer le processus par la force. Ces accusations sont avancées dans le manifeste, mais les éléments transmis ne permettent pas de les confirmer de façon indépendante.

Le Front uni et le Réseau international de solidarité avec la Guinée-Bissau demandent une médiation qu’ils considèrent impartiale et crédible, avec la participation des forces politiques, militaires et sociales du pays. Ils reprochent par ailleurs à la médiation sénégalaise de ménager Umaro Sissoco Embaló et dénoncent l’affermissement d’un pouvoir militaire qu’ils présentent comme né d’un coup d’État.

Les signataires veulent que la CEDEAO fasse pression sur le commandement militaire. Ils réclament aussi la remise en liberté immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques toujours détenus, estimant que ces incarcérations vont à l’encontre des décisions des juridictions compétentes. Ils demandent la reprise de la vie politique, la réouverture des sièges des partis et la suppression des restrictions imposées aux formations politiques, à la société civile et aux médias.

Le Front uni et le Réseau international de solidarité avec la Guinée-Bissau mettent également en cause le référendum constitutionnel tenu en août, qu’ils imputent au commandement militaire. Elles estiment que le scrutin s’est tenu dans un contexte de restrictions des libertés, sans participation ni contrôle libres des partis et des organisations de la société civile. Elles critiquent également l’absence d’une mission internationale d’observation, notamment de la CEDEAO.

Les organisations avertissent que des sanctions individuelles sévères devraient frapper les responsables si, à leurs yeux, les autorités militaires et les autres acteurs de la transition continuent de bloquer le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Elles annoncent une mobilisation internationale le 24 octobre 2026 pour interpeller les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.

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