Guinée-Bissau : la vice-présidente de la CNE juge le scrutin techniquement impossible

« Les conditions ne sont pas réunies pour tenir les élections le 6 décembre prochain », a déclaré le Premier ministre bissau-guinéen Ilido Vieira Té. Le report du scrutin, fixé au 6 décembre 2026 après une mission diplomatique de haut niveau de la Cedeao, est désormais une option évoquée après sa rencontre avec le président de transition, le général Horta N’Tam. La clarification de l’horizon électoral répondait à une exigence centrale des partenaires régionaux, alors que le pays est dirigé par une administration militaire depuis le renversement d’Umaro Sissoco Embalo.

À la sortie de cet entretien, la première vice-présidente de la Commission électorale nationale (CNE), Felisberta Moura Vez, a également estimé que le scrutin ne pouvait pas être organisé à cette date pour des raisons techniques. Elle a précisé que l’annonce d’un éventuel report appartenait au chef de la transition. Ces déclarations ont été rapportées par l’APS.

Ilido Vieira Té a expliqué que les directions de la plupart des partis étaient arrivées au terme de leur mandat et que leurs instances de base devaient être renouvelées. Selon lui, aucune formation politique n’est actuellement prête à participer au scrutin dans de bonnes conditions. Ces difficultés s’inscrivent dans un processus électoral déjà contesté : ces derniers mois, la Constitution, le code électoral et la loi sur les partis politiques ont été profondément remaniés par les autorités militaires. La coalition d’opposition PAI-Terra Ranka dénonce un « coup de force institutionnel » et estime que ces changements verrouillent les élections.

Cette discussion électorale intervient aussi dans un contexte de tensions entre les autorités militaires et l’ancien président Umaro Sissoco Embalo. La veille, le général Horta N’Tam avait appelé les membres de la garde présidentielle, réputés proches de l’ex-chef de l’État, à remettre volontairement leurs armes. Des soldats considérés comme proches de M. Embalo ont aussi été neutralisés, tandis que le général Mamasaliu Embalo, frère de l’ancien président, a été écarté du ministère de l’Intérieur.

Le Sénégal s’est vu confier un rôle de médiateur dans la crise par la Cedeao, dont le président Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice. Le 8 août, le ministre sénégalais Cheikh Niang s’est rendu à Bissau pour présenter le mandat de cette médiation aux autorités de transition. L’organisation régionale avait fait du retour à un calendrier électoral une exigence centrale ; l’éventualité d’un report remet aujourd’hui cette échéance au cœur des discussions.

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