Guerre États-Unis – Iran : la double requête du Pakistan à Donald Trump et Téhéran pour suspendre l’escalade

Le Moyen-Orient se trouve à un point de bascule alors que l’ultimatum fixé par le président américain arrive à son terme. Dans un climat d’intensification des frappes militaires dans la région, une initiative diplomatique de dernière minute vient d’être lancée pour tenter de suspendre les hostilités.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a formulé une proposition d’urgence à l’attention de Donald Trump et des autorités iraniennes. Selon les informations diffusées par Al Jazeera, le chef d’État demande un report de deux semaines de la date limite imposée par Washington. En contrepartie, Islamabad exhorte Téhéran à rouvrir complètement le détroit d’Ormuz sur cette même période, à titre de geste de bonne volonté, afin de permettre aux négociations d’aboutir à un cessez-le-feu dans la guerre en cours.

Cette démarche intervient quelques heures seulement avant l’expiration du délai fixé par le président américain. Sur le réseau social X, Shehbaz Sharif a souligné que les efforts diplomatiques progressaient et nécessitaient ce laps de temps pour porter leurs fruits. Du côté de Washington, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé à Axios que Donald Trump avait pris connaissance de cette proposition et qu’une réponse serait apportée. Parallèlement, un haut responsable iranien a indiqué à l’agence Reuters que Téhéran examinait la requête de manière favorable. Une source pakistanaise a d’ailleurs confié à Al Jazeera que la possibilité d’un accord reste sur la table, malgré les tentatives de sabotage de certains détracteurs.

La tension a atteint un niveau critique ces derniers jours. Donald Trump a récemment durci sa rhétorique sur sa plateforme Truth Social, menaçant de détruire la « civilisation » iranienne et ses infrastructures civiles si le trafic maritime n’était pas rétabli et ses conditions acceptées. En réponse aux attaques israélo-américaines menées depuis le 28 février, l’Iran a paralysé la quasi-totalité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, point de passage d’un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a prévenu qu’il riposterait si les installations civiles iraniennes étaient touchées. Sur le terrain, Israël a frappé des ponts et des voies ferrées en Iran, tandis que les forces iraniennes ont visé des cibles à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis.

Les menaces américaines ciblant les installations civiles suscitent des réactions sur le plan juridique. Oona Hathaway, professeure de droit à l’Université de Yale, a averti que la destruction d’infrastructures civiles constitue un crime de guerre. Selon la spécialiste, les publications de Donald Trump sur les réseaux sociaux pourraient servir de pièces à conviction lors de futurs procès, rappelant qu’il n’existe aucune prescription pour ce type d’infractions.

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