Quatre ans jour pour jour après le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine, le conflit s’inscrit dans une guerre d’usure aux bilans humains colossaux. Alors que les dirigeants européens se réunissent à Kiev pour réaffirmer leur soutien, la présidence française a dressé un constat sévère des répercussions de cette campagne militaire sur la position géopolitique de la Russie.
Dans un long message publié ce mardi sur le réseau social X, Emmanuel Macron a dénoncé ce qu’il qualifie de « triple échec » de Moscou. Le chef de l’État français estime que l’invasion a échoué sur les plans militaire, économique et stratégique. Loin de diviser l’Occident, cette guerre a, selon lui, « renforcé l’Otan, soudé les Européens et mis à nu la fragilité d’un impérialisme d’un autre âge ». Il a également réitéré l’engagement de la France et de l’Union européenne à maintenir une aide multidimensionnelle à Kiev. Le président français a par ailleurs insisté sur la poursuite des actions contre la « flotte fantôme » russe, ces navires utilisés pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole.
La mobilisation européenne s’est également illustrée sur le terrain. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont fait le déplacement dans la capitale ukrainienne. Ils y ont rejoint des dirigeants nordiques et baltes pour une réunion de la « Coalition des volontaires ». Face à eux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a martelé dans une allocution vidéo que Vladimir Poutine « n’a pas atteint ses objectifs » et a réclamé une paix « forte, digne et durable ».
Sur le plan financier, l’Europe a déjà mobilisé 170 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Un nouveau mécanisme de prêt de 90 milliards d’euros, acté en décembre dernier, doit assurer un financement prévisible pour les deux prochaines années.
Cependant, les perspectives de résolution restent bloquées. Les discussions diplomatiques initiées en 2025 sous médiation américaine n’ont abouti à aucun cessez-le-feu. Kiev exige des garanties de sécurité préalables de Washington, tandis que Moscou réclame l’abandon de la région orientale de Donetsk par les forces ukrainiennes. L’implication du président américain Donald Trump, qui a ouvert un canal de communication direct avec Vladimir Poutine pour tenter d’accélérer la fin du conflit, suscite des inquiétudes au sein des chancelleries européennes et ukrainiennes quant à la configuration des futures négociations.
Sur le terrain, le coût de cette guerre de position est vertigineux. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les autorités ukrainiennes font état d’environ 55 000 soldats tués dans leurs rangs depuis février 2022. Les estimations concernant les pertes russes oscillent entre 250 000 et 1,2 million de tués ou blessés, sans confirmation indépendante. Du côté des civils, l’ONU recense au moins 15 000 morts et plus de 40 000 blessés, tout en précisant que ces données sont probablement inférieures à la réalité en raison de l’inaccessibilité de certaines zones de combat.