Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a profité de son arrivée au Conseil des affaires étrangères (CAE) à Bruxelles ce lundi pour détailler les grandes priorités de Paris face aux multiples crises internationales. De la situation sécuritaire en Europe de l’Est aux tensions au Proche-Orient, en passant par la République démocratique du Congo, le chef de la diplomatie a dressé un état des lieux précis des actions envisagées par son pays.
Sur le dossier ukrainien, le constat dressé par le ministre se veut particulièrement sévère à l’égard de Moscou. Selon les informations de l’agence Anadolu, Jean-Noël Barrot a souligné que les pertes humaines enregistrées par la Russie dépassent désormais l’ensemble de ses pertes cumulées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Il a précisé que l’armée russe accuserait actuellement la perte de 1 000 soldats par jour sur le front. Sur le plan intérieur, la diplomatie française décrit une économie russe en récession, marquée par des caisses étatiques vides, un rationnement de l’essence dans certaines régions et des blocages réguliers des moyens de communication. En réponse, Paris maintient son soutien à Kiev et annonce qu’un 20ᵉ paquet de sanctions est prêt à être adopté.
Le Proche-Orient a également occupé une place centrale dans cette intervention. Notre rédaction note que la France soutient la mise en œuvre d’un plan de paix à Gaza articulé autour de plusieurs axes : une entrée massive d’aide humanitaire, le désarmement du Hamas et le retour d’une Autorité palestinienne réformée, avec pour objectif final une solution à deux États. Le ministre a exhorté le président palestinien Mahmoud Abbas à concrétiser cette refondation démocratique, tout en demandant aux autorités israéliennes de revenir sur certaines décisions en Cisjordanie, ciblant spécifiquement le projet immobilier E1 qu’il a qualifié de « gravissime ».
Concernant le Liban, une échéance précise a été communiquée. Une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises se tiendra le 5 mars prochain à Paris, avec pour but de consolider un État en mesure de protéger l’ensemble des communautés et d’assurer la stabilité nationale.
Le continent africain a été abordé à travers la situation en République démocratique du Congo (RDC). Jean-Noël Barrot a confirmé que les engagements pris lors de la conférence internationale de Paris, il y a quatre mois, ont été tenus. Cela s’est traduit par le déblocage de 850 millions d’euros d’aide humanitaire et de fonds supplémentaires pour le développement. Un premier vol transportant des responsables des Nations unies a d’ailleurs pu atterrir à Goma pour faciliter l’acheminement de cette aide.
Enfin, sur la question de la défense européenne, le représentant français a défendu le principe d’une préférence continentale pour l’approvisionnement des armées. Cette approche est présentée comme un levier favorisant l’interopérabilité, le développement économique et l’emploi au sein de l’Union européenne, tout en constituant un atout pour ses alliés, y compris les États-Unis.